Ce vendredi 6 février 2026, le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, a convié les responsables des organisations professionnelles des médias ainsi que les dirigeants d’organes de presse écrite et numérique à une séance de travail consacrée aux défis structurels du secteur médiatique gabonais. Une rencontre placée sous le signe du dialogue, à un moment charnière pour une presse en quête de souffle et de stabilité.
Dès l’ouverture des échanges, le ministre a clairement posé le cadre. « Ces rencontres sectorielles s’inscrivent dans mon credo de travail et répondent aux très hautes instructions de Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema. Elles visent à traduire en actes concrets les grandes orientations politiques et institutionnelles de son programme de société », a-t-il affirmé, traçant ainsi la boussole de l’action gouvernementale.
Autour de la table, les principales organisations du secteur ont fait entendre leur voix : le CPPPL, l’OPAM, le RENAJI, le REGAJOURD, l’UPF, la CIPREF, le MCL et l’Association Internationale des Médias de la Paix. Toutes ont partagé un même constat : la presse gabonaise traverse une période de profondes mutations, où les certitudes d’hier vacillent sous les assauts conjugués du numérique et de l’intelligence artificielle.
À l’heure où les nouveaux métiers du web redessinent les contours des rédactions, de nombreux médias peinent à maintenir leur équilibre. Face à cette réalité, la question de la viabilité économique s’est imposée comme un enjeu central. Les acteurs du secteur ont plaidé pour une augmentation significative de la subvention d’aide à la presse, actuellement fixée à 500 millions de FCFA, afin qu’elle atteigne le milliard de FCFA. Un appel justifié, selon eux, par les charges énormes inhérentes au fonctionnement d’un organe de presse au Gabon, et par l’exemple de plusieurs pays aux ressources plus modestes que le pays, mais qui soutiennent leur presse à hauteur de plusieurs milliards.
La formation professionnelle a également occupé une place de choix dans les discussions. Les représentants des médias ont exprimé le souhait de voir des sessions de renforcement des capacités organisées, grâce au partenaires de développement, afin de mieux outiller les journalistes face aux nouvelles exigences technologiques et éditoriales.
Autre point sensible : la pression fiscale. Les médias ont rappelé qu’ils exercent une mission d’intérêt public, contribuant au dynamisme démocratique, sans pour autant dégager une réelle rentabilité économique, notamment en l’absence de publicité institutionnelle. Ils ont ainsi proposé l’instauration d’un montant fiscal forfaitaire, plus adapté à la réalité du secteur.
La question de la Maison de la presse s’est également invitée au débat. Véritable symbole de la profession, les journalistes ont exprimé leur volonté de voir renaître cette infrastructure, longtemps considérée comme un carrefour d’échanges, de formation et de solidarité professionnelle.
Sur le plan juridique, le nouveau Code de la communication, fruit des contributions de l’ensemble des parties prenantes, y compris la presse privée écrite et numérique, devrait être rapidement finalisé. Ce texte novateur intègre les nouveaux métiers des rédactions, tels que les community managers, les infographistes ou encore les créateurs de contenus numériques, avant d’être soumis au Conseil des ministres puis au Parlement pour adoption.
Dans la même dynamique, le nouveau statut particulier des communicateurs, ainsi que la Convention collective appelée à s’appliquer aux secteurs public et, le dernier cité au secteur privé également, ont été évoqués, afin d’aligner le cadre professionnel sur les réalités actuelles du métier.
Enfin, la question des cartes de presse a été abordée. Le ministre Germain Biahodjow a indiqué que leur délivrance interviendrait après l’adoption définitive du nouveau Code de la communication par le Conseil des ministres et le Parlement, garantissant ainsi une base juridique solide.
Inscrites dans la feuille de route des 100 premiers jours du gouvernement, ces réformes visent un objectif clair : assurer la pérennité des médias gabonais. Car une presse viable, libre et responsable demeure l’un des piliers incontournables de la démocratie.

























