Libreville – Un drame s’est produit le samedi dernier dans les plantations de la Sucrerie du Gabon (Sucaf), situées à la lisière des massifs forestiers du Haut-Ogooué. Deux chasseurs ont été surpris par une attaque d’un buffle de forêt qualifié de « solitaire », entraînant de graves conséquences humaines.
Selon les informations relayées par plusieurs sources concordantes, les deux hommes s’étaient engagés sur un terrain qu’ils croyaient familier lorsqu’ils ont été confrontés à l’animal. L’attaque du buffle, d’une extrême violence, s’est déroulée en quelques secondes. Guy Ngoussou, âgé de 46 ans, a été grièvement blessé. Son compagnon a quant à lui subi des lésions plus légères, mais reste profondément marqué sur le plan psychologique.
Le buffle de forêt est réputé pour son comportement imprévisible, en particulier lorsqu’il est isolé de son troupeau. Dans ces conditions, l’animal peut devenir particulièrement agressif face à toute intrusion humaine. Ce phénomène, largement documenté par les spécialistes de la faune sauvage, met en évidence les difficultés croissantes liées à la cohabitation entre activités industrielles et biodiversité.
Dans les zones agricoles comme celles exploitées par la Sucaf, où travailleurs et riverains circulent quotidiennement, les risques d’incidents avec la faune sauvage demeurent élevés. Cet événement dépasse le simple fait divers et soulève un problème structurel : l’insuffisance des dispositifs de sécurisation autour des périmètres agricoles situés à proximité des habitats naturels.
L’extension des activités humaines dans ces zones accentue les conflits entre l’homme et la faune. Des espèces telles que les buffles ou les éléphants, historiquement présentes dans ces espaces, se retrouvent désormais perçues comme des intrus.
Au-delà de l’enquête annoncée par les autorités sur l’attaque du buffle, plusieurs observateurs estiment nécessaire de repenser la gestion des zones de contact entre exploitation industrielle et biodiversité. Des mesures de prévention, telles que des clôtures adaptées, des patrouilles de surveillance et la sensibilisation des riverains, sont régulièrement évoquées.
Le drame survenu dans le Haut-Ogooué relance ainsi le débat sur la sécurité des populations rurales et la préservation des écosystèmes, dans un contexte où le Gabon cherche à concilier développement économique et durabilité environnementale.












































