Une mission d’inspection du ministère gabonais de l’Éducation nationale s’est déroulée ce lundi à Libreville afin d’évaluer la reprise effective des cours dans plusieurs établissements scolaires, après plusieurs semaines de perturbations liées au mouvement de grève des enseignants. Conduite par Joachim Ondjila Ognele, inspecteur général des services, la mission de l’inspection scolaire avait pour objectif de vérifier la présence des enseignants et des élèves, ainsi que l’effectivité de la reprise des activités pédagogiques.
Présence contrastée des enseignants et des élèves
Au lycée Saint-Marie de Libreville, les cours se déroulent de manière relativement régulière. Selon les constats effectués, près d’une vingtaine d’enseignants, sur un effectif total d’environ soixante, assurent la continuité pédagogique depuis le déclenchement de la grève, en remplaçant les collègues grévistes.
À l’École pilote du centre, la reprise est jugée moyenne, avec une présence partielle des enseignants et des élèves. En revanche, à l’Institut Immaculée Conception de Libreville, la reprise demeure faible, malgré les appels du ministère à un retour effectif en classe.
Au Lycée technique national Omar Bongo, 49 enseignants étaient présents sur un total de 61. Toutefois, la fréquentation des élèves reste faible : 937 élèves présents sur un effectif de 3 383, selon les chiffres communiqués lors de l’inspection.
Mobilisation des élèves, principal défi
Cette faible présence des apprenants constitue l’un des principaux défis de la reprise scolaire. Si de nombreux enseignants ont progressivement repris les cours, la mobilisation des élèves reste limitée dans plusieurs établissements de la capitale.

Un enseignant d’Histoire-géographie du lycée Saint-Marie a rappelé l’importance de concilier revendications sociales et responsabilité éducative :
« Nos revendications sont légitimes, mais il est important de penser aussi aux élèves. »
Au Lycée technique national Omar Bongo, Medza Olomo, enseignante en techniques commerciales, explique avoir repris les cours afin d’éviter une année blanche, à la suite des échanges avec l’administration et des engagements annoncés par les autorités.
Une mission axée sur l’accompagnement
Pour Joachim Ondjila Ognele, l’inspection vise avant tout l’accompagnement des acteurs éducatifs :
« L’objectif n’est pas la répression, mais l’accompagnement des enseignants et des élèves, car la reprise après une interruption est difficile. »
Selon le ministère de l’Éducation nationale, cette approche privilégie le dialogue et le soutien pédagogique afin de faciliter un retour progressif à la normale.
Mise en place d’un comité de suivi des revendications
Par ailleurs, à l’issue des travaux d’Alibandingue, un comité technique de suivi et d’évaluation a été mis en place. Présidé par le ministre d’État et coordonné par le secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale, ce comité regroupe des représentants des ministères de la Fonction publique, du Budget et des partenaires sociaux.
Selon Irène Nembe, membre du comité de suivi de la commission tripartite, cette instance a pour mission de garantir l’effectivité des engagements pris par l’administration. Elle indique que le comité travaille en continu afin de vérifier l’avancement des régularisations annoncées.
Le comité mène également des actions de sensibilisation auprès des partenaires sociaux, en rappelant les normes encadrant les mouvements de revendication et l’importance du retour en classe, conformément aux exigences internationales.
« Objectif : sauver l’année scolaire
À travers cette mission d’inspection scolaire et les mécanismes de suivi mis en place, les autorités éducatives entendent éviter une année scolaire compromise. Le ministère appelle enseignants, parents et élèves à une mobilisation collective afin d’assurer la continuité de l’année académique sur l’ensemble du territoire. »


























