Lors de la cérémonie de présentation des vœux à la presse, le 23 janvier, Alain-Claude Bilie-By-Nze a concentré son offensive sur un dossier qu’il juge explosif : la gestion de la Gabon Oil Company (GOC) et ses relations financières avec le groupe Ebomaf. Dans un ton grave, parfois accusateur, le président d’Ensemble pour le Gabon a peint le tableau d’une manne pétrolière qui s’évapore, laissant derrière elle plus de questions que de réponses.
Pour Bilie-By-Nze, la GOC est devenue un fleuve dont les affluents s’échappent hors de tout contrôle public. « La GOC est obligée de payer chaque trimestre 20 millions de dollars à Ebomaf, soit 11 milliards de F CFA qu’on donne à Ebomaf. Quel est le lien ? Quel est le contrat qui lie Ebomaf à la GOC pour que l’argent du pétrole carboné soit payé à ce monsieur ? », a-t-il lancé, comme on jette une lumière crue sur une zone d’ombre. À travers ces interrogations, il somme l’exécutif de rompre le silence et de produire des preuves tangibles.
L’ancien Premier ministre ne s’est pas arrêté à la simple dénonciation. Il a rappelé que la GOC fut déjà, hier, au cœur de critiques récurrentes. « On a dénoncé hier la question de la GOC qui servait à financer tout et rien. Aujourd’hui, le même système se poursuit », a-t-il martelé, décrivant une mécanique immuable où les promesses de rupture se dissolvent dans la continuité des pratiques. Pour lui, les discours officiels résonnent comme des coquilles vides face à l’absence de résultats concrets.
Bilie-By-Nze a également ciblé la communication gouvernementale, accusée d’agiter des annonces sans lendemain. « Ceux qui faisaient les communiqués 0000, là et qui annonçaient les audits, on n’a jamais eu aucun résultat positif », a-t-il rappelé, avant de hausser le ton : « Mais sur GOC, nous exigeons qu’il y ait un audit indépendant ». Cette exigence, selon lui, n’est pas un slogan politique mais une nécessité démocratique pour restaurer la confiance.
Poursuivant, il a fixé un horizon de vérité, promettant que « l’année qui vient, on va avoir des éléments clairs sur ce que rapporte la GOC et comment l’argent de la GOC est géré ». Dans cette perspective, la GOC apparaît comme un miroir tendu à l’État, révélant sa capacité réelle à rendre des comptes.
En recentrant le débat sur Ebomaf et la GOC, Bilie-By-Nze érige la transparence pétrolière en impératif national pour l’État.


























