Livreville, le 26 janvier 2026- La modernisation du transport routier gabonais revient une fois de plus au cœur de l’actualité. Le ministre d’État en charge des transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, a récemment échangé avec INFRAGROUP HOLDING autour d’un ambitieux projet de digitalisation et de sécurisation du secteur routier. L’objectif affiché est louable : réduire l’hécatombe sur nos routes et améliorer l’efficacité d’un système de transport encore marqué par de graves insuffisances.
Mais derrière cette ambition se cache une question lancinante, presque devenue une constante dans la conduite des politiques publiques : pourquoi, à chaque projet structurant, l’État gabonais semble-t-il se tourner prioritairement vers l’expertise étrangère, reléguant au second plan les compétences nationales ?
Le choix d’un groupe étrange; INFRAGROUP HOLDING, pour piloter un projet aussi stratégique que la modernisation du transport routier interroge. Le Gabon ne manque pourtant ni d’ingénieurs, ni de techniciens, ni de PME capables de contribuer, voire de porter, ce type de transformation. En persistant à marginaliser ces talents, l’État entretient un paradoxe préoccupant : proclamer la valorisation du secteur privé national tout en lui refusant l’accès aux marchés les plus structurants.
Cette orientation alimente un sentiment de frustration légitime et renforce l’idée que le développement national se construit encore trop souvent sans les Gabonais eux-mêmes. Or, le secteur des transports est un pilier essentiel de la diversification économique, de la création d’emplois et du transfert de compétences. L’exclure de toute logique de contenu local revient à hypothéquer durablement l’émergence d’une expertise nationale solide et autonome.
La sécurité routière mérite mieux qu’une simple importation de solutions clés en main. Elle exige une vision inclusive, où l’expertise étrangère, lorsqu’elle est nécessaire, vient en appui et non en substitution des compétences locales. À défaut, la modernisation promise risque de n’être qu’un miroir aux alouettes, brillant en surface, mais creux en profondeur.
Le véritable défi n’est donc pas seulement de digitaliser les routes, mais de redonner confiance aux cerveaux gabonais et de leur offrir un rôle central dans la construction du Gabon de demain.
Comme le dit un proverbe de Lambaréné : « Celui qui ignore la force de ses bras finit toujours par louer ceux des autres. »

























