La Fégafoot se trouve à un tournant décisif. Après le départ de Thierry Mouyouma, écarté pour manque de résultats et qui, malheureusement, n’a pas franchi ce qu’il appelait le plafond de verre à la CAN au Maroc (qualification pour le second tour de cette compétition, 8e de finale), l’instance dirigeante doit choisir un nouveau sélectionneur. Mais au-delà d’un simple nom, c’est tout un projet qui doit être repensé. Les Panthères du Gabon ont besoin d’un souffle neuf, d’une vision qui dépasse l’équipe A pour toucher les sélections A’ et U23.
La CAN 2025 au Maroc a été un miroir impitoyable. Derrière la qualification, présentée comme une victoire, se cache une réalité plus sombre : effectif limité, banc de touche fragile, absence de relève crédible. Pendant que les grandes nations africaines s’appuient sur des joueurs issus des meilleures ligues européennes, le Gabon reste prisonnier de championnats secondaires.
Le problème n’est pas seulement sportif. Le staff technique a été miné par des choix douteux, des convocations contestées et un climat de méfiance. La suspension provisoire de la sélection par les autorités, suivie d’une levée rapide, montre à quel point la maison est instable. Le retour de figures emblématiques comme Aubameyang ou Ecuele Manga ne doit pas être vu comme une solution miracle, mais comme un simple passage de témoin.
Le prochain coach des Panthères du Gabon devra incarner une rupture nette. Sa mission sera de rebâtir une identité nationale, d’imposer une discipline stricte et de mélanger expérience et jeunesse. La défense, avec Mboula, Omfia, Ekomie et Oyono, offre déjà une base solide. Mais le milieu et l’attaque sont des zones sinistrées, où il faudra trouver des héritiers crédibles à Kanga, Poko et Aubameyang.
La relance du championnat local pourra jouer un rôle clé. Si la Fégafoot réussit à instaurer une gouvernance claire et à miser sur un sélectionneur visionnaire, les Panthères pourront enfin espérer sortir de l’ombre et retrouver une place digne parmi les grandes nations du continent.
Le défi est immense : il ne s’agit pas seulement de changer un entraîneur aux Panthères du Gabon, mais de refonder tout le système. Sans cette révolution, les Panthères risquent de rester un symbole nostalgique plutôt qu’une force réelle sur la scène africaine.


























