Libreville, le 10 novembre 2025 – Dans une atmosphère empreinte de gravité, le collège élargi de la société civile au sein du Groupe Multipartite (GMP) de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives au Gabon (ITIE) a tenu une conférence de presse ce lundi à son siège de Libreville. L’objectif affiché : dresser un bilan sans concession des dernières années et interpeller les plus hautes instances de l’État, à commencer par le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, sur la situation préoccupante qui prévaut au sein de cette institution cruciale pour la gouvernance des ressources naturelles.
Intégré en 2004 après avoir manifesté sa volonté d’adhérer à cette norme mondiale visant à promouvoir la transparence et la redevabilité dans les secteurs pétrolier, gazier et minier, le Gabon peine toujours à honorer les engagements prescrits par l’ITIE. Après huit années de suspension, le pays a réaffirmé sa détermination à rejoindre l’initiative, décision entérinée lors du Conseil des ministres du 12 juin 2020. Toutefois, force est de constater que les enseignements tirés de la radiation de 2013 n’ont guère été capitalisés, engendrant un inquiétant bis repetita lors de la seconde adhésion intervenue en 2021.
Des efforts contrariés par de multiples dysfonctionnements
De 2022 à 2024, le Gabon s’est efforcé de créer les conditions optimales pour réintégrer pleinement l’ITIE, conformément à son objectif cardinal : améliorer substantiellement la gestion publique en renforçant drastiquement la transparence des revenus et des dépenses liés à l’exploitation des ressources extractives. Si certains indicateurs semblent encourageants, de nombreux obstacles entravent néanmoins cette dynamique.
Parmi les entraves majeures identifiées figure le soutien défaillant du ministère de tutelle aux membres du conseil d’administration de l’ITIE-Gabon. S’ajoute à cela l’absence criante d’inscription de l’initiative dans les Programmes Annuels de Performance des différentes lois de finances, de 2022 à 2025, voire 2026, relevant du ministère concerné. L’exécution budgétaire, qualifiée de chaotique, s’accompagne en outre de pertes massives de crédits, insuffisamment documentées.
Une paralysie administrative préjudiciable
Les représentants de l’ITIE déplorent également la délivrance tardive, par les services financiers, des ordonnances de paiement, entravant ainsi la mise en œuvre harmonieuse des activités de l’institution. Les pesanteurs administratives et la rétention persistante des services de la Direction Générale de la Comptabilité Publique et du Trésor, qui n’exécutent pas – ou exécutent avec des retards semestriels, voire annuels – les instructions émanant de l’ancien Premier ministre de la Transition au bénéfice de l’ITIE-Gabon, constituent un frein supplémentaire.
À ces difficultés s’ajoutent l’absence de moyens logistiques sur le terrain, le faible taux d’exécution des activités destinées aux communautés locales, ainsi que les capacités limitées du secrétariat technique permanent, insuffisamment pourvu en experts techniques nationaux.
Un appel solennel aux autorités
Face à cette situation préoccupante, l’ITIE-Gabon, par la voix de son bureau exécutif, lance un appel solennel aux plus hautes autorités de l’État. Elle les exhorte à prendre à bras-le-corps l’ensemble de ces griefs afin que le Gabon figure dignement parmi les nations qui œuvrent résolument pour la bonne gouvernance et la transparence, particulièrement dans la gestion des matières premières. Un défi de taille pour un pays dont l’avenir économique demeure intimement lié à la valorisation responsable de ses richesses naturelles.





















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