Libreville, 11 novembre 2025 — Élu à une écrasante majorité de 97 % des suffrages, Pierre Mathieu Obame Etoughe, nouveau maire de Libreville, s’est immédiatement distingué par une vision audacieuse et résolument moderne de la gestion municipale. Pour celui qui incarne désormais le renouveau de l’union démocratique des bâtisseurs (UDB) au sein de la capitale, l’heure est à la transformation profonde d’une institution longtemps jugée lourde, bureaucratique et inefficace.
« Nous avons une ville qui a besoin d’être traitée avec dignité », a-t-il déclaré lors de sa première adresse publique. Dignité, selon lui, signifie redonner à Libreville ses lettres de noblesse : une capitale propre, bien gérée, et administrée avec rigueur et transparence. L’ambition du nouveau maire s’articule autour d’un mot d’ordre : modernisation.
Inspiré par les modèles de gouvernance innovants, Pierre Mathieu Obame Etoughe veut transformer la mairie en une “start-up publique” — un concept inédit au Gabon, qui met l’accent sur l’efficacité, la digitalisation des services et l’autonomie financière.
« Nous devons passer d’une mairie où l’on passe son temps à légaliser des documents à une mairie entreprenante, capable de s’autofinancer », explique-t-il.
Dans cette logique, la mairie de Libreville se veut moteur d’initiatives locales : partenariats public-privé, digitalisation des procédures administratives, et développement de nouveaux leviers économiques municipaux. L’objectif affiché : améliorer le quotidien des Librevillois tout en allégeant la dépendance aux subventions étatiques.
Conscient des nombreux défis qui minent la capitale, le nouveau maire a évoqué plusieurs chantiers prioritaires.
En tête de liste : la propreté urbaine, la gestion des ressources humaines au sein de la mairie, et la fluidité de la circulation. « Nous avons excessivement d’embouteillages au centre-ville. C’est une situation qui doit être réglée. Les solutions existent, il faut maintenant les appliquer », assure-t-il.
Autre point sensible : la gestion des marchés municipaux. Obame Etoughe plaide pour la fin des paiements en espèces, souvent source d’opacité et de détournements.
« On devrait arrêter de payer les recettes par des espèces. Soit on paie au compte unique, soit on passe par des mécanismes numériques », a-t-il indiqué, soulignant sa volonté de sécuriser les recettes publiques et d’instaurer une transparence budgétaire.
Sur la question controversée des démolitions d’habitations et de commerces engagées par ses prédécesseurs, le nouveau maire prône une approche tournée vers la reconstruction et l’embellissement. Il affirme vouloir « bâtir une ville harmonieuse et inclusive, où chaque citoyen trouve sa place dans l’espace urbain.»
En attendant sa confirmation officielle par le ministère de l’Intérieur, Pierre Mathieu Obame Etoughe apparaît déjà comme un maire porteur d’une vision ambitieuse : faire de Libreville une ville moderne, fonctionnelle et économiquement dynamique.
Reste à savoir si cette “start-up publique” qu’il appelle de ses vœux saura se confronter aux lourdeurs administratives et aux défis structurels d’une capitale en quête de renaissance.
Cette élection marque en tout cas le début d’un nouveau chapitre pour Libreville, placé sous le signe de l’innovation, de la rigueur et d’une promesse : celle d’un service public enfin à la hauteur des attentes des citoyens.
Par Darlyck Ornel Angwe


























