Libreville, le 21 octobre 2025.
Cinq mois après sa nomination comme porte-parole de la présidence de la République gabonaise, Théophane Junior Nzame-Nze Biyoghe n’aura animé que deux conférences de presse. Deux apparitions publiques en 150 jours pour un homme chargé de traduire la parole du chef de l’État, d’expliquer les grandes orientations du pays et de répondre aux interrogations de la nation. Autant dire qu’à ce rythme, la parole présidentielle n’existe plus.
Depuis juillet 2025, silence radio. Trois mois sans le moindre mot, alors que le pays traverse une période politique et sociale mouvementée : fraudes massives aux élections législatives et locales, grève illimitée des étudiants de l’USTM, inflation galopante, hausse du coût de la vie, arrestation de journaliste… et rien, absolument rien du porte-voix officiel du palais rénovation, Théophane Junior Nzame-Nze Biyoghe.
Comment expliquer qu’un conseiller spécial de la présidence, grassement rémunéré avec l’argent du contribuable, reste aphone face à des sujets aussi brûlants ?
Le mutisme est devenu doctrine, et la présidence, une forteresse où l’on préfère le silence à la transparence.
Il faut le dire sans détour : la communication présidentielle est à terre. Déjà sous Max Olivier Obame Ndong, deux conférences de presse avaient été organisées… en deux ans ! ThéophaneThéophane Junior Nzame-Nze Biyoghe semble avoir repris la même formule : peu parler, beaucoup observer, et laisser le peuple dans l’attente.
Or, à l’ère des réseaux sociaux et de la communication instantanée, le silence du pouvoir équivaut à un aveu d’impuissance. Le citoyen gabonais a besoin d’être informé, rassuré, mobilisé. Et le porte-parole n’est pas un simple figurant dans l’organigramme présidentiel : il est l’interface entre le palais et la nation.
Ce que j’aurais fait à la place de Théophane Junior Nzame-Nze Biyoghe .
En tant que communicateur, je n’aurais jamais laissé un tel vide.
À la place de Théophane Junior, j’aurais instauré une communication de proximité, régulière et réactive :
.Une conférence de presse mensuelle, pour informer sur l’action gouvernementale et clarifier les décisions du Chef de l’État.
Des points de presse hebdomadaires avec les médias qui comptent, même brefs, pour réagir aux événements d’actualité : crises sociales, diplomatie, projets en cours.
Une cellule d’écoute citoyenne, chargée de recueillir les préoccupations du public et d’y répondre publiquement.
Une présence numérique active, avec des vidéos explicatives, des décryptages et des échanges en ligne pour rendre la communication présidentielle plus humaine et transparente.
Une stratégie d’anticipation, car un bon communicateur ne réagit pas seulement, il prévoit.
En clair, je ferais vivre la parole présidentielle. Parce qu’un silence prolongé, surtout dans un contexte de crise, n’est plus une posture : c’est une faute politique.
Les Gabonais ont droit à une communication sincère, ouverte et constante. Pas à un porte-parole invisible. Théophane Junior Nzame-Nze Biyoghe occupe une fonction de confiance, pas un titre honorifique. Son rôle n’est pas d’attendre que les rumeurs enflent ou que les crises explosent avant de s’exprimer.
Un silence de trois mois, c’est long. Trop long pour une présidence qui prétend vouloir réconcilier le peuple avec ses institutions.
À force de se taire, le palais risque de perdre sa voix. Et dans une République déjà fragilisée, le silence du pouvoir est parfois plus dangereux que la parole de l’opposition.
Comme on dit chez nous à Lambaréné : « Quand le tam-tam ne résonne plus, c’est que le village a perdu sa joie. »
Aujourd’hui, la voix du palais s’est tue. Et avec elle, c’est tout un peuple qui attend qu’on lui parle.
Par Darlyck Ornel Angwe


























