Au Gabon, les chantiers relatifs aux infrastructures routières, pilier essentiel de l’aménagement du territoire et levier d’intégration économique, sont à l’arrêt. La faute à un phénomène récurrent et préoccupant : le non-paiement des prestations aux entreprises en charge des travaux. Ce blocage financier, révélateur d’un dysfonctionnement administratif profond, met à mal non seulement la progression des chantiers, mais aussi la crédibilité de l’État.
Lors d’une tournée d’inspection des chantiers menés par l’État dans les provinces de la Ngounié et de la Nyanga, le ministre des Travaux publics, Edgard Anicet Moukoumbi, a pu constater l’ampleur des dégâts. Plusieurs projets sont paralysés, bien que des autorisations de paiement aient été validées. Exemple édifiant : la société chinoise Covec attend toujours le règlement d’environ 20 milliards de Fcfa, dont 6 milliards pourtant approuvés dès juillet 2024. Ce retard, qui frôle l’absurde, illustre une gestion budgétaire opaque et un manque manifeste de volonté politique.
Les effets de cette inertie sont dévastateurs :
Des zones rurales restent enclavées, freinant leur développement.
Les entreprises locales sont en grande difficulté financière.
Des centaines d’emplois sont suspendus.
La confiance des bailleurs et partenaires internationaux s’érode.
Ces retards des chantiers routiers du Gabon ne se résument pas à des glissements de calendrier : ils représentent une entrave directe au progrès socio-économique du pays.
Face à la grogne des acteurs du secteur et des populations, le ministre Moukoumbi a lancé un appel ferme en faveur d’une régularisation immédiate des paiements. Mais si cette alerte reste lettre morte, elle risque d’exacerber les tensions et d’enterrer les espoirs de reprise des chantiers prioritaires, notamment à Tchibanga et Mouila.
L’axe Bifoun-Ndjolé, longtemps annoncé comme un projet emblématique, est aujourd’hui qualifié de « parcours de combattant » par les riverains. À la lumière des cas précédents, le blocage de ce chantier pourrait bien s’expliquer, lui aussi, par des arriérés de paiement non honorés.
Alors même que les autorités affirment vouloir moderniser les infrastructures du pays, l’écart entre ambition et réalité budgétaire devient intenable. Ce paradoxe mérite d’être dénoncé avec vigueur. Il est grand temps que l’État gabonais assume ses responsabilités, libère les financements et rende effectives ses promesses. Les chantiers de développement des territoires du Gabon ne peuvent plus être sacrifiés sur l’autel de l’inaction administrative.

























