Dans le chef-lieu du département de la Lopé, niché au sein de la province de l’Ogooué Ivindo, la commune de Booué fait face à une précarité sanitaire alarmante. Une situation qui freine l’épanouissement de ses habitants et entrave les ambitions de développement local que nourrit cette paisible contrée.
À Booué, la principale structure de soins peine à remplir sa mission. Les agents de santé, pourtant dévoués, travaillent dans des conditions déplorables, tributaires des irrégularités de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG), qui peine à garantir un approvisionnement constant en eau. Ce liquide vital, censé être abondant dans un établissement hospitalier, devient une ressource que les familles de malades doivent elles-mêmes se procurer pour assurer la survie de leurs proches.
Sur le plan des ressources humaines, le constat est tout aussi préoccupant : aucun pédiatre ni gynécologue n’est affecté à la structure. Pour des soins spécialisés, les Boouésiens sont contraints de parcourir plusieurs kilomètres vers Makokou ou de s’en remettre aux hôpitaux mieux équipés de Libreville une épreuve logistique et financière insoutenable pour une partie de la population.
Plus troublant encore, la nouvelle structure hospitalière construite dans la commune demeure inexploitée. Offerte aux regards comme une promesse silencieuse d’un avenir meilleur, elle reste vide, inaccessible, spectrale une illustration frappante de l’abandon dont semble souffrir Booué.
Les populations, comme les professionnels de la santé, lancent aujourd’hui un appel pressant à l’État. L’heure n’est plus aux discours ni aux inaugurations symboliques, mais à l’action concrète. Il faut donner à Booué les moyens de sa santé, de sa dignité, et de sa résilience.


























