Libreville, le 10 juillet 2025– Le verdict du classement FIFA de juillet 2025 est tombé, plaçant le Gabon à la 80ème place mondiale avec 1306,61 points. Si cette stagnation, après une progression encourageante en avril, peut être perçue comme une simple fluctuation, elle révèle en réalité un enjeu plus profond pour les Panthères : la difficulté à franchir un nouveau cap dans la hiérarchie du football africain et mondial.
Après avoir gagné cinq places et intégré le top 15 africain en avril, le Gabon se retrouve figé à la 15ème position continentale. Cette stabilité, bien que rassurante sur le plan de la régularité, masque une réalité : l’écart avec les véritables locomotives du football africain, telles que le Maroc (12ème mondial), le Sénégal (18ème) et l’Égypte (34ème), reste conséquent. La récente fenêtre internationale de juin, marquée par une victoire prometteuse contre la Guinée-Bissau (2-0) mais aussi par une défaite plus préoccupante face au Niger (3-4), illustre parfaitement cette dichotomie. Ces résultats mitigés ont eu pour effet de freiner l’élan gabonais, coûtant des points précieux et empêchant une véritable ascension.
Dans le concert de l’Afrique centrale, le Gabon conserve néanmoins une position de leader incontesté. Devançant des nations comme la Guinée équatoriale (93ème mondial), le Congo (132ème) et la République centrafricaine (134ème), les Panthères affirment leur statut de poids lourd régional dans ce classement FIFA. Cependant, cette domination locale ne saurait suffire à satisfaire les ambitions du football gabonais, qui aspire légitimement à rivaliser avec les meilleures sélections du continent. Le fossé se creuse avec des équipes comme le Cameroun (51ème mondial) et la République Démocratique du Congo (61ème mondial), qui semblent avoir pris une longueur d’avance dans leur propre développement.
Le positionnement du Gabon, juste derrière Oman (79ème) et devant la Guinée (81ème), ainsi que des nations comme la Zambie (83ème) et l’Angola (85ème), souligne la nécessité d’une remise en question stratégique. Pour passer du statut de bonne équipe régionale à celui de prétendant sérieux sur la scène continentale, les hommes de Thierry Mouyouma doivent impérativement trouver la constance et l’efficacité qui leur font défaut lors des matchs clés. S’inspirer de la régularité du Maroc, actuel fer de lance africain, devient une priorité. La prochaine fenêtre internationale sera donc cruciale pour voir si le Gabon est capable de capitaliser sur ses forces et de corriger ses faiblesses pour enfin gravir les échelons et se rapprocher de ses aspirations les plus hautes.
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumbi, journaliste stagiaire


























