Par une déclaration officielle en date du 21 mai 2025, l’Union pour la Démocratie et l’Intégration Sociale (UDIS), par la voix de son porte-parole Edmond Epoma, a exprimé son profond désarroi face à ce qu’elle qualifie de « justice à deux vitesses » dans le traitement des affaires judiciaires impliquant d’une part Hervé Patrick Opiangah, et d’autre part Sylvia et Noureddin Bongo.
« La loi doit être appliquée de manière identique vis-à-vis de tous les justiciables », a rappelé avec fermeté M. Epoma. Pourtant, les faits laissent apparaître une flagrante inégalité. Alors que Sylvia et Noureddin Bongo, poursuivis pour des infractions graves, ont bénéficié d’une liberté provisoire pour raisons médicales, « Monsieur Hervé Patrick Opiangah demeure poursuivi, malgré l’absence manifeste de charges ».
En effet, selon l’UDIS, « il n’existe ni faute, ni victime, ni charge retenue » dans l’affaire Opiangah. La présumée victime, après cinq jours de garde à vue, a reconnu avoir été contrainte à formuler de fausses accusations et a depuis déposé plainte contre l’auteur de la dénonciation calomnieuse. Dès lors, la base juridique des poursuites actuelles semble intenable.
Mais ce que souligne surtout l’UDIS, c’est la contradiction dans les décisions judiciaires. « Le juge d’instruction a clos son dossier depuis le 28 avril dans l’affaire Bongo », a précisé le Procureur général, ajoutant que « le procès se tiendra en leur présence ou leur absence ». Dans le même temps, le Président de la Chambre d’accusation, dans le cas Opiangah, justifie le rejet du non-lieu par l’impossibilité d’entendre le mis en cause. Pourtant, comme le souligne M. Epoma, « la jurisprudence permet au juge d’instruction de prononcer un non-lieu même sans audition si les éléments disponibles écartent toute culpabilité ».
L’UDIS cite à ce titre l’article 195 du Code de procédure pénale qui stipule : « la chambre d’accusation examine s’il existe des charges suffisantes […] et déclare qu’il n’y a lieu à suivre si ce n’est pas le cas ». Or, « le dossier est vide et les faits sont inexistants », déclare M. Epoma. Pourquoi alors refuser le non-lieu ?
Face à cette incohérence, l’UDIS s’interroge : « Quelle faute a commise M. Opiangah, ou plutôt, quelle faute veut-on lui imputer, et dans quel dessein ? » Une question d’autant plus légitime que « la présomption d’innocence, garantie par l’article 3 du Code de procédure pénale, semble ici ignorée ».
Faisant écho à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, Edmond Epoma conclut : « Le Gabon est un pays de droit, et nous refusons de croire que la banque de la justice ait fait faillite », paraphrasant Martin Luther King. Mais en filigrane, le doute s’installe.












































