Akanda, 13 mai 2025. Lors d’une conférence de presse tenue à Akanda, Ali Akbar Onanga Y’Obegue, Secrétaire général du Parti démocratique gabonais (PDG), a livré un diagnostic grave de la situation politique nationale. Il a dénoncé les démissions collectives de cadres du parti, la détention d’Ali Bongo Ondimba, ainsi que le projet de réforme du cadre légal des partis politiques, affirmant qu’« un même fil conducteur unit ces événements : l’étouffement du pluralisme politique ».
Concernant la crise interne du PDG, Onanga Y’Obegue n’a pas mâché ses mots : « On ne peut pas être au PDG tout en soutenant Oligui Nguema. Cette contradiction est intenable », martèle-t-il. Pour lui, les démissions récentes, notamment dans le Woleu-Ntem, témoignent de la cohérence de certains militants face à une direction illégitime. Il fustige un directoire parallèle qu’il qualifie d’« autoproclamé et allié du Président Oligui Nguema », qui aurait, selon lui, « trahi les valeurs du parti ».
La situation d’Ali Bongo est également au cœur de ses préoccupations. Il affirme que « le maintien en résidence surveillée du Président Ali Bongo Ondimba est injustifiée, arbitraire, et politiquement motivée »,appelant à sa « libération immédiate et inconditionnelle ». Pour lui, cette libération serait à la fois « une exigence de justice et une nécessité politique pour clarifier le paysage national ».
Mais c’est surtout la réforme annoncée des partis politiques qui cristallise son inquiétude. Onanga Y’Obegue y voit « une tentative inédite de restreindre la liberté d’association », alertant sur les conditions envisagées : 18 000 membres, 5 parlementaires élus, 30 conseillers, entre autres. Il dénonce « une hérésie juridique manifeste, contraire à la Constitution et aux engagements internationaux du Gabon ».
Selon lui, cette réforme vise à « réduire arbitrairement le nombre d’acteurs politiques afin de mieux contrôler le débat public ».Et de rappeler : « La création d’un parti politique relève d’un régime déclaratif, non d’une autorisation préalable. Subordonner son existence à des critères électoraux, c’est tuer la démocratie ».
Il rejette toute forme de législation qui tenterait d’« extraire les partis politiques du régime général des associations », estimant que cela conduirait à « une impasse juridique et constitutionnelle insurmontable ». Ali Akbar Onanga appelle donc le Président Oligui Nguema à « renoncer à ce projet liberticide » et à « cesser toute ingérence dans le fonctionnement du PDG ».
Enfin, il conclut en lançant un appel solennel : « Chacun doit reprendre sa place naturelle : le Président à la tête de l’État et de son parti ; le PDG avec Ali Bongo à la tête de l’opposition. Toute autre posture crée la confusion et décrédibilise la vie politique ».
Le PDG, affirme-t-il, « centrera désormais son combat sur la libération d’Ali Bongo et la défense des libertés fondamentales », en mobilisant la société civile, les partenaires internationaux et l’opinion publique.
Journaliste multimédia, Directeur de Publication de Gabon Mail Infos, chroniqueur radio, diplômé de l'Ecole supérieure de journalisme de Lille, de l'Université de Lille, de l'IAE Lille, de l'Université de Johannesburg et certifié réfèrent digital de l'école241 de Libreville. Meilleur journaliste gabonais en ligne Makongonio 2025.