Dans un éclatant déni de justice, la chambre d’accusation de la Cour d’appel de Libreville, présidée par Ulric Arnol Nzoundou Bignoumba, a rendu une décision aussi consternante qu’incompréhensible dans l’affaire opposant le ministère public à Hervé Patrick Opiangah. Selon Depeches241, les juges ont rejeté la demande de non-lieu présentée par les avocats de l’ancien ministre, au prétexte fallacieux qu’il ne s’est pas présenté devant le juge d’instruction. Une justification dérisoire, qui confine à l’absurde.
Dans une République où la présomption d’innocence devrait être un rempart inviolable, cette décision révèle une justice qui, au lieu d’être le glaive de l’équité, s’est transformée en marionnette de l’arbitraire. « Ils reconnaissent l’absence de plainte valable, l’inexistence d’une victime réelle, la tardiveté de la procédure, mais retiennent contre lui… son absence à une convocation », rapporte un magistrat outré à Depeches241. Que vaut alors l’État de droit, sinon une parure vide, lorsqu’un citoyen est broyé dans l’engrenage d’une procédure sans fondement ?
Car en vérité, l’affaire Opiangah serait une mécanique viciée. Le parquet, instrumentalisé, n’a jamais reçu la moindre plainte en date du 14 novembre, contrairement à ses allégations. Quant à Élisabeth Opiangah, censée être la victime, elle a publiquement désavoué les accusations portées contre son père et a même engagé une action en diffamation contre ses accusateurs. Et pourtant, dans ce théâtre judiciaire, les faits sont ignorés, les preuves inexistantes, et la loi détournée.
L’injustice devient ici personnage central, drapée d’hermine, énonçant des sentences qui défient la logique juridique. La chambre d’accusation ne jugerait plus en droit, mais en opportunité politique, écartant les principes fondamentaux au profit d’un ordre moral invisible dicté par des intérêts obscurs.
Ce verdict, inique et grotesque, parachève l’isolement d’Hervé Patrick Opiangah, exilé de force depuis plus de six mois, victime d’une persécution judiciaire que la défense qualifie de « machination politico-judiciaire ». À défaut d’éléments à charge, on érige l’absence du prévenu en preuve irréfutable de culpabilité : antiphrase glaçante du droit, où l’ombre remplace la lumière.
Selon Depeches241, la défense internationale du capitaine d’industrie n’entend pas se résigner. Une plainte a été déposée devant la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples à Arusha en Tanzanie. Et il se pourrait que cette juridiction continentale rappelle à la justice gabonaise les fondements qu’elle semble avoir volontairement oubliés.
La justice, lorsqu’elle se fait complice du mensonge, devient le plus cruel des bourreaux. Et dans cette affaire, c’est toute une institution qui semble vaciller, emportée par les vents d’un non-droit assumé.


























