Ce mardi 18 février 2025, la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique s’est rendue à l’École publique de Glass aux côtés du directeur général de l’Instruction civique et de l’Alphabétisation, Nicolas Bounounou, pour le lancement de la Semaine nationale de la promotion des langues maternelles et nationales gabonaises. Ce choix ne relève pas du hasard : fondée en 1842, l’École publique de Glass est la plus ancienne institution scolaire publique du pays, portant en elle une mémoire précieuse.
Cette initiative de la promotion des langues maternelles et nationales s’inscrit dans le cadre de la Journée internationale de la langue maternelle, célébrée le 21 février. À cette occasion, le ministère de l’Éducation nationale a instauré une semaine entière dédiée à la valorisation des langues locales à travers diverses activités pédagogiques. « Tous les DAP et DA sont invités à promouvoir les langues nationales au sein des établissements scolaires », a souligné Nicolas Bounounou.
Depuis le 17 février, des écoles à travers le pays participent à cet événement. Les élèves ont entonné l’hymne national, La Concorde, en plusieurs langues gabonaises et ont accueilli la ministre avec des salutations et des chants dans leurs langues respectives. « Nous avons entendu les enfants s’exprimer avec joie, échangeant des formules de politesse et comptant dans leur langue maternelle. C’est un moment fort, symbolique de notre volonté de raviver notre patrimoine linguistique », a déclaré le directeur général de l’Instruction civique et de l’Alphabétisation.
Cependant, le constat est préoccupant : la transmission des langues nationales est en net déclin. « Les Gabonais, et surtout les enfants, ne parlent plus leur langue maternelle. Ce n’est pas de leur faute : on ne peut vomir que ce que l’on a avalé», a-t-il déploré. Malgré des initiatives antérieures, notamment en 1996 avec la formation de spécialistes en langues nationales, ces efforts n’ont pas connu de réel essor.

Aujourd’hui, dans une dynamique de restauration culturelle, il devient impératif de réintroduire ces langues dans le système éducatif. « Les langues comptent, car elles permettent aux enfants de mieux structurer leur pensée et d’améliorer leur maîtrise du français et d’autres disciplines. Si nous voulons reconstruire le Gabon, nous devons renforcer notre unité nationale en valorisant notre diversité linguistique et culturelle », a insisté Nicolas Bounounou.
L’engouement suscité par cette semaine spéciale de la promotion des langues maternelles et nationales augure une célébration mémorable le 21 février prochain, marquant un tournant décisif dans la reconnaissance et la promotion des langues nationales gabonaises.


























