Convoqué à Yaoundé le 16 décembre, le sommet extraordinaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) se déroule dans un contexte économique alarmant. Les chefs d’État répondront aux critiques et exigences du Fonds monétaire international (FMI), particulièrement préoccupés par « des déséquilibres budgétaires persistants » et « une saturation du marché des titres publics » dans la région, comme le rapport Jeune Afrique .
Un contexte marqué par des tensions économiques
À l’origine de cette réunion, Paul Biya, président du Cameroun, a contacté ses homologues régionaux de la CEMAC afin de discuter des attentes du FMI et de la Banque mondiale. Cette initiative fait suite à la visite au Cameroun d’Abebe Aemro Selassie, directeur du département Afrique du FMI, qui a exprimé son inquiétude face à la situation économique des États de la zone. Selon Jeune Afrique , le FMI n’hésite pas à accentuer la pression, conditionnant le décaissement de ses fonds à des réformes concrètes, notamment dans des pays comme « le Gabon, le Tchad et la Guinée équatoriale ».
Le Gabon sous le feu des critiques
La position du Gabon sera au centre des débats. Libreville a récemment procédé à un rachat anticipé et non concerté de son eurobond 2025 à hauteur de 180 milliards de F CFA, une décision qui, selon Jeune Afrique , a entraîné « une sortie des devises (en dollars) » aggravant l’érosion des réserves. de changer de régionales. Ce choix stratégique, pris de manière unilatérale, suscite les préoccupations des bailleurs de fonds internationaux et illustre un manque de coordination au sein de la CEMAC.
Par ailleurs, le Gabon doit rembourser près de 1 000 milliards de F CFA entre 2025 et 2026, ce qui accentue la pression sur ses finances publiques. Jeune Afrique souligne également que cette situation est aggravée par la difficulté de plusieurs États à respecter les critères de convergence économique, indispensables pour assurer la stabilité régionale.
Un manque de convergence budgétaire
Le rapport de surveillance multilatérale adopté en octobre dernier révèle que les pays de la CEMAC peinent à respecter les quatre principaux critères de convergence : solde budgétaire, inflation, dette publique et arriérés de paiement. « Aucun pays de la Cemac n’est à jour » avec le FMI rappelle Jeune Afrique . À l’exception du Cameroun, tous les États affichent des déficits budgétaires qui les obligent à emprunter massivement sur le marché des titres publics. Cette stratégie a conduit à une saturation du marché, l’encours total atteignant 7 167 milliards de F CFA à fin octobre, soit 10,5 % du PIB régional.
Des décisions attendues à Yaoundé
Le sommet devra déboucher sur des engagements fermes, notamment l’adoption de plans triennaux de convergence. Ces mesures aboutissent à rétablir une discipline budgétaire collective pour répondre aux attentes du FMI. Faute d’accord, le FMI menace de maintenir ses soutiens financiers, à l’image des 180 milliards de F CFA récemment gelés pour le Cameroun. Le Gabon et le Congo, particulièrement exposés, devront rassurer leurs partenaires internationaux, alors même que Brazzaville fait face à un endettement atteignant presque 100 % de son PIB.
Un tournant pour la CEMAC
La réunion de Yaoundé pourrait marquer une étape clé pour la stabilité économique régionale. Toutefois, les défis sont nombreux. Comme l’explique Jeune Afrique , le FMI « attend des pays de la zone Cemac qu’ils concluent de nouveaux accords » et qu’ils montrent leur volonté de coopération plus étroite.


























