Le Collectif des enseignants affectés dans les provinces exprime une profonde frustration quant à la gestion des Bons spéciaux de transport (BST) et du Maintien en conditionnement opérationnel (MCO). En effet, ces dispositifs, censés faciliter les déplacements et l’installation des fonctionnaires lors de leurs affectations, se révèlent être une source de désillusion et de désordre au point d’en informer le chef de l’État dans une correspondance.
D’entrée, les enseignants dénoncent l’injonction de rejoindre leurs nouveaux postes sans avoir reçu les allocations nécessaires pour couvrir les frais de transport. « Nous avions un salaire de 300.000 FCFA et on nous pressait de rejoindre nos postes d’affectation. Nous sommes partis, laissant nos affaires et nos enfants derrière, dans l’espoir de recevoir les BST et MCO par la suite, » déclare un représentant du collectif. Cette situation a forcé de nombreux enseignants à quitter leurs foyers dans des conditions précaires, créant un climat d’incertitude et d’inquiétude.
Les démarches entreprises par les enseignants pour obtenir leurs droits n’ont guère porté leurs fruits. « Depuis le 8 juillet, nous avons multiplié les démarches auprès du Trésor Public, mais nous avons appris que seuls les dossiers des promotions 2018-2020 sont en traitement, » expliquent-ils. Ces promotions, affectées par une gestion opaque du prestataire de voyage Moussa, sont bloquées à cause d’un « flou sur la gestion des fonds. Les collègues recevaient des montants via Airtel Money, bien en deçà des montants prévus, et sans passer par le Trésor Public », ajoutent-ils. Ce dysfonctionnement a généré un climat de méfiance et d’indignation.
Face à cette impasse, le Collectif des enseignants affectés a communiqué une lettre au Président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, le 8 juillet dernier, dans laquelle ils expriment leur amertume et leur sentiment d’abandon.
Le Budget, sous l’impulsion du Président de la Transition, propose de supprimer le prestataire incriminé et envisage un remboursement pour les promotions 2021 et 2022. Toutefois, cette nouvelle mesure soulève des inquiétudes : « Le Budget parle de remboursement, mais dans certaines régions, il est impossible de fournir les factures exigées, car il n’y a pas d’agences de transport reconnues, » déplore le collectif. Cette situation complexe crée un sentiment de désespoir parmi les enseignants affectés, qui se voient contraints de choisir entre leur devoir professionnel et la sécurité de leurs familles.
Le collectif appelle à des solutions concrètes et immédiates : « Nous ne voulons plus de prestataire qui ne transporte personne. Soit l’État nous prend en charge directement, soit il nous alloue les BST et MCO pour que nous puissions organiser nous-mêmes notre déplacement. » Face à ces difficultés, les enseignants restent ouverts à « toute proposition conciliatrice » qui permettrait de résoudre cette impasse.
Ainsi, le collectif enseignants affectés en provinces exhorte les autorités à réexaminer ces procédures pour garantir le respect des droits des enseignants et assurer leur stabilité dans leurs nouveaux postes.


























