« L’absence de restrictions aux discours extrémistes des acteurs politiques constitue une menace grave pour notre vivre ensemble et pour la stabilité post-électorale », affirme Teale Mve Ondo, expert en intelligence de la communication et marketing politique. À l’heure où les parlementaires gabonais se réunissent pour adopter un nouveau code électoral, le Collectif Républicain pour la Défense d’Oligui Nguema (Cordon) propose le manifeste « Vox Politicus », une réflexion visant à réguler le discours politique dans notre pays.
L’analyse du Cordon s’appuie sur des principes universels consacrés, tels que la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789, la Charte Africaine des Droits de l’Homme (1981) et la Constitution gabonaise. Ces textes proclament la liberté d’expression comme un droit fondamental, mais celle-ci, rappelle Mve Ondo, doit être encadrée pour éviter qu’elle ne devienne un outil de division. « La liberté s’arrête là où commence celle de l’autre », souligne-t-il, appelant à des mesures restrictives contre les discours haineux et violents qui fragilisent la cohésion sociale.
De 1990 à aujourd’hui, les élections présidentielles gabonaises sont systématiquement suivies de contestations, parfois violentes, alimentées par des discours clivants. Ces pratiques, selon le Cordon, érigent des barrières entre les communautés ethniques et minent l’esprit patriotique. « Les appels à la violence remplacent trop souvent le recours à la Cour Constitutionnelle », déplore le manifeste, mettant en lumière l’absence de dispositions légales pour contrer cette dérive.
Pour répondre à ces défis, le manifeste du Cordon « Vox Politicus » propose des solutions concrètes :
L’engagement au Fair-Play politique : chaque candidat signerait une déclaration sur l’honneur visant à proscrire tout discours tribal, haineux ou identitaire avant, pendant et après l’élection.
Des sanctions dissuasives : des recours jugés fantaisistes devant les juridictions compétentes seraient déclarés irrecevables.
La promotion de l’unité nationale : les équipes de campagne et les discours des candidats devraient refléter une diversité nationale.
Enfin, le manifeste encourage la participation électorale, en suggérant de rendre le vote obligatoire et de reconnaître la carte d’électeur comme pièce d’identité officielle. Ce mécanisme, selon le Cordon, permettrait de combattre l’abstention et de renforcer la démocratie.
« Le Gabon doit consolider sa stabilité politique en érigeant des garde-fous contre les discours destructeurs », conclut Mve Ondo, appelant à un sursaut patriotique pour protéger l’unité nationale.


























