Libreville – La polémique enfle dans les sphères politiques gabonaises. Au lendemain des déclarations controversées d’Alain Claude Bilie By Nzé sur la visite d’État du président français Emmanuel Macron, Joscelain Lebama, secrétaire général du Syndicat des Travailleurs des Industries Minières et Métallurgiques du Gabon (Strimm), a livré lundi 01 décembre une riposte cinglante via les réseaux sociaux.
Pour le dirigeant syndicaliste, les propos de l’ancien chef du gouvernement, désormais dans l’opposition au régime, témoignent d’une « lecture anachronique » qui ne correspond guère aux réalités géopolitiques et économiques actuelles du pays.
Une vision dépassée de la souveraineté
« Qualifier cette visite présidentielle de « chasse gardée » procède d’une interprétation obsolète », assène d’emblée Joscelain Lebama. Selon lui, le Gabon mène aujourd’hui, sous l’impulsion du président Oligui Nguema, une diplomatie résolument souveraine et diversifiée. « La souveraineté gabonaise ne saurait se réduire à une posture rhétorique : elle s’édifie par des actes concrets et s’affirme avec détermination », martèle-t-il.
Eramet : au-delà des simplifications abusives
Le secrétaire général du Strimm récuse vigoureusement la réduction de cette visite d’État à un simple « déplacement ERAMET ». « Circonscrire cet événement diplomatique à une transaction commerciale relève d’une simplification fallacieuse », dénonce-t-il. Il rappelle que le Gabon s’est engagé dans une stratégie ambitieuse de transformation locale de ses ressources naturelles, visant la création substantielle de valeur ajoutée au bénéfice de sa population. « Cette démarche transcende les querelles partisanes : il s’agit d’un enjeu fondamental de souveraineté économique », insiste Joscelain Lebama.
Coopération judiciaire : souveraineté, non soumission
Sur le volet de la coopération judiciaire franco-gabonaise, le dirigeant syndicaliste balaie toute accusation d’inféodation. « Le président Oligui Nguema a sollicité le concours de l’appareil judiciaire français pour récupérer les biens illicitement détournés sous les régimes antérieurs. Coopérer ne signifie nullement s’assujettir : c’est au contraire exercer pleinement les prérogatives souveraines de l’État », argumente-t-il avec fermeté.
Les contradictions flagrantes de l’ancien Premier ministre
Joscelain Lebama n’hésite pas à pointer les incohérences manifestes dans le discours de son contradicteur. « Prétendre que le président Oligui Nguema aurait manifesté une quelconque « posture d’infériorité » procède d’une appréciation partiale », tranche-t-il, avant de rappeler un élément crucial : « M. Bilie By Nzé avait lui-même accueilli le président Macron en 2023, sans y déceler la moindre atteinte à la dignité nationale. »
Un bilan éloquent de transformation
Le secrétaire général du Strimm dresse ensuite un tableau contrasté entre l’ancien système et l’actuelle gouvernance. « Sous la conduite du président Oligui Nguema, le Gabon connaît en l’espace de quelques années un essor que l’ancien régime n’est jamais parvenu à impulser », affirme-t-il sans détour. Tout en reconnaissant son estime pour l’ancien Premier ministre, Joscelain Lebama l’invite à une contribution constructive plutôt qu’à une opposition stérile. « Si M. Bilie By Nzé dispose de propositions novatrices, qu’il sache que les portes demeurent ouvertes. Le Gabon doit se projeter résolument vers l’industrialisation. »
« Laisser le président accomplir sa mission »
Dans sa péroraison, le dirigeant syndicaliste plaide pour la sérénité et la cohérence politique. « Le pays nécessite transformation, production et industrialisation. La transformation du manganèse constitue un impératif de souveraineté nationale, non un différend personnel », martèle-t-il.
Un message direct au chef de l’État
Joscelain Lebama conclut son intervention par une adresse solennelle au président de la République : « Eramet ne détient pas le monopole de la capacité à transformer nos richesses minérales. Nous, travailleurs du secteur minier, avons baptisé cette ère historique la Révolution industrielle souveraine. Et nous l’assumons avec une détermination inébranlable. »


























