Le ciel s’assombrit au-dessus des Panthères du Gabon. À l’approche des éliminatoires du Mondial 2026, leur sélectionneur, Thierry Mouyouma, a décidé d’engager une bataille judiciaire contre Euphrem Biyogo Edzo, directeur de publication du média Cafesport donc à la presse. Le motif ? Une supposée diffamation, née d’un article corrosif du 17 novembre 2024 intitulé Des soupçons de corruption en équipe nationale.
À travers une série d’interrogations mordantes, le journaliste s’étonnait de la convocation de certains joueurs aux prestations contestables. L’ombre du favoritisme, voire de la corruption, planait insidieusement sur les choix du sélectionneur. Noha Lemina, en attente de régularisation administrative, Loïc Owono Ella, interdit de séjour en Afrique du Sud, et Jeff Biloungou, au parcours incertain en troisième division portugaise, faisaient figure de cibles privilégiées. À la veille d’une rencontre décisive face au Maroc, leur sélection par Thierry Mouyouma suscitait perplexité et méfiance au sein de la presse.
Le média, sans prendre de gants, lançait une charge implacable : « Les rumeurs de corruption pèsent déjà sur le staff technique. » Et d’appuyer son propos en pointant les 5 millions de FCFA perçus par chaque joueur mis en cause.
Piqué au vif, Thierry Mouyouma a riposté sans détour, saisissant la gendarmerie nationale et exigeant réparation devant la justice pénale. La Haute Autorité de la Communication (HAC), pourtant compétente en la matière, aurait pu apaiser l’orage. Mais Mouyouma a tranché sans toucher le gendarme de la presse : pas de demi-mesure, pas d’arrangement en coulisses.
Sa détermination interroge : pourquoi un tel acharnement alors que son nom n’est jamais mentionné dans l’article ? Le sélectionneur semble vouloir laver son honneur au fer rouge, quitte à plonger dans un duel où la presse et la justice se jaugent en chiens de faïence.
Déjà suspendu pour la CAN 2025, Mouyouma s’enfonce dans une bataille où la rancune prend le pas sur la raison. Mais si son objectif est de faire taire les soupçons, ne risque-t-il pas, à force de vouloir éteindre le feu, de souffler sur les braises ?


























