Michel-Philippe Nzé, journaliste et analyste politique, explore les conséquences potentielles d’un éventuel retour de l’ancien président Donald Trump à la tête des États-Unis, dans les colonnes de la Rédaction de Gabon Mail Infos, notamment l’économie, la Chine, l’ immigration, et leurs tensions.. Nous vous livrons in extenso cette analyse dans sa première partie.
Cet éventuel retour de Donald Trump à la Maison Blanche aura des conséquences diverses tant aux États-Unis qu’à travers le monde. Il est tout à fait certain que la boussole de son action sera le redressement de l’économie américaine embourbée, on le sait, dans une dette abyssale (plus de 34 mille milliards de dollars, qui augmente chaque mois d’environ 350 milliards représentant les intérêts à payer) qui s’établit au taux de 125% de leur PIB.
Cet endettement massif réduira la capacité de l’administration Trump à financer la relance de l’économie nationale et devrait donner lieu à de longues négociations au Congrès si d’aventure les électeurs américains ne donnaient pas une majorité républicaine au Sénat lors du renouvellement partiel des deux chambres du Congrès qui aura lieu en même temps que l’élection du POTUS, des gouverneurs, des députés locaux et même des shérifs de comtés. Ainsi, Trump devrait chercher à obtenir du Congrès de nouveaux financements au profit du secteur industriel, comportant des incitations fiscales et l’adoption de mesures facilitant la réinstallation sur le sol américain d’entreprises américaines qui s’étaient délocalisées en Asie, plus particulièrement en Chine. Les relations avec la Chine, le concurrent direct, vont avoir pour toile de fond l’économie, bien sûr. Donald Trump va certainement adopter une position très agressive envers la Chine. La guerre des tarifs douaniers et les restrictions de vente de produits high-tech américains à des sociétés chinoises vont certainement prendre de l’ampleur. Mais cette opposition d’intérêts économiques ne s’exprimera pas à travers une hausse de la tension militaire.
Au plan intérieur, la question migratoire sera en première ligne des préoccupations de Donald Trump dont on connaît l’opposition au phénomène migratoire. Lors de son premier mandat, il avait débuté la construction d’un mur à la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Non seulement l’administration Biden n’a pas poursuivi les travaux de construction de ce mur, mais elle a ouvert toutes grandes les portes du territoire américain à une immigration de masse, ce qui a fortement déplu au camp républicain, provoquant un bras-de-fer entre le gouverneur du Texas et l’administration démocrate. On avait craint un moment que cette querelle au sujet de la frontière avec le Mexique ne dégénère en une guerre de sécession tant la tension était grande. Donald Trump se fera certainement un devoir de déployer à nouveau la garde nationale aux frontières sud de l’Amérique.
Michel-Philippe NzéÉJournaliste. Analyste politique. Ancien d’Africa N°1. Ancien directeur des actualités télévisées, 2e chaîne de télévision gabonaise.


























