La capitale économique du Gabon pourrait bientôt connaître une paralysie de son transport urbain. Réunie en assemblée générale ce samedi au siège de l’antenne locale de la Confédération syndicale gabonaise (Cosyga), la Fédération gabonaise des syndicats des transports et assimilés (Fégasta) a officiellement mis le maire de Port-Gentil, Pascal Houangni Ambouroue, en demeure de résoudre une crise qui couve depuis plusieurs mois. Le délai accordé : dix jours francs à compter du lundi 4 mai. Passé ce délai, la grève générale des transports sera déclenchée.
Des promesses de janvier restées lettre morte
La situation n’est pourtant pas nouvelle. En janvier, le maire avait organisé une réunion de cadrage pour tenter d’apaiser les tensions. Mais selon les transporteurs, rien n’a changé sur le terrain. Les griefs s’accumulent et s’alimentent mutuellement. Au premier rang des revendications : la concurrence déloyale exercée par les « clandos », ces véhicules de transport informel qui sillonnent la ville sans s’acquitter des taxes réglementaires. « Les taximen se font verbaliser à tout va et pour un rien, contrairement aux clandos qui sont les potes des Policiers », a dénoncé sans détour Cédric Nkoghé, président provincial de la Fégasta. Un sentiment d’injustice profond qui nourrit la colère d’un secteur qui estime payer ses charges sans bénéficier d’une protection équivalente.
Contrôles abusifs, blouses, badges et racket : un cahier de doléances chargé
Au-delà de la concurrence déloyale, la Fégasta pointe d’autres problèmes structurels. Les transporteurs dénoncent la multiplication des contrôles policiers jugés abusifs et omniprésents. « On ne peut pas avoir des contrôles du lundi au dimanche et dans tous les quartiers. C’est trop ! », a fulminé Rodrigue Mpira, taximan. La question de la blouse fait également l’objet d’un bras de fer. Les professionnels refusent catégoriquement d’en porter et réclament son remplacement par des macarons ou des badges. À ces sujets s’ajoutent des préoccupations relatives au stationnement, à l’obligation de disposer d’une boîte à pharmacie et aux pratiques de racket que certains dénoncent. Par ailleurs, les transporteurs ont été surpris d’apprendre que la mairie avait lancé une procédure de collage de numéros de portières sans les consulter au préalable.
Un ultimatum clair adressé au premier magistrat de la ville
Face à l’accumulation de ces tensions non résolues, la Fégasta a décidé de fixer une ligne rouge. « Le maire étant le premier magistrat de la ville, il est celui qui doit interpeller ces agents et même la Police municipale, afin que les choses soient bien faites dans sa ville. Nous payons les taxes pour exercer dans le périmètre communal. Nous donnons dix jours francs au maire à compter du lundi 4 mai pour tout régler », a prévenu Cédric Nkoghé avec fermeté. La balle est désormais dans le camp des autorités municipales. Sans réponse concrète avant l’échéance, la mobilité urbaine de Port-Gentil sera paralysée.
Les conséquences économiques et sociales seraient lourdes pour une ville déjà fragilisée par de nombreux défis.


























