Libreville, le 20 mars 2026— Un vent d’incertitude souffle sur l’un des chantiers routiers les plus emblématiques du Gabon. L’entreprise indienne Afcons Infrastructure, engagée dans la réalisation d’un tronçon clé de la transgabonaise, serait sur le point de se retirer, selon plusieurs sources concordantes.
Attribué en 2020 sous la présidence de Ali Bongo Ondimba, le marché concernait la construction de l’axe reliant le PK 24 au PK 105, dans le cadre d’un partenariat avec la Société Autoroutière du Gabon. Ce projet d’envergure, estimé à plus de 600 milliards de FCFA, devait constituer une étape décisive dans l’amélioration du réseau routier national.
Mais aujourd’hui, le constat de terrain est préoccupant. Sur plusieurs portions de la nationale, notamment entre PK12 et Ntoum, les travaux semblent à l’arrêt. Les engins ont disparu, et des témoignages évoquent une liquidation progressive du matériel par l’entreprise en charge du chantier.
Si aucune communication officielle n’est venue confirmer ce retrait, cette situation alimente les interrogations sur l’avenir du projet et sur les conditions d’exécution des contrats conclus avant la transition politique. L’arrivée au pouvoir du Président Brice Clotaire Oligui Nguema s’accompagne en effet d’une recomposition notable du paysage économique, marquée par l’émergence de nouveaux acteurs dans des secteurs stratégiques.
Dans ce contexte, le possible départ d’Afcons pourrait s’inscrire dans une dynamique plus large de redéfinition des partenariats et de réorientation des priorités en matière d’infrastructures. Reste à savoir si ce retrait, s’il est avéré, sera suivi d’une reprise rapide du chantier par d’autres opérateurs, afin d’éviter que ce projet structurant ne sombre dans l’immobilisme.
Car au-delà des considérations économiques et politiques, c’est bien la question de la continuité des grands travaux publics qui se pose et, avec elle, celle de la crédibilité des engagements contractuels de l’État.

























