Il y a des provinces que les grands projets ont longtemps enjambées sans s’arrêter. La Nyanga est de celles-là. Reléguée aux marges de la carte industrielle gabonaise, cette province du sud a longtemps regardé passer les trains du développement sans en voir les retombées. Mais ce vendredi 20 mars 2026, quelque chose a changé. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu au palais présidentiel les principaux acteurs du secteur minier opérant dans la région, dans une réunion de suivi aussi stratégique que symbolique. La Nyanga n’est plus une périphérie. Elle est désormais au cœur de la carte des ambitions gabonaises.
Trois gisements, une ambition : Milingui, Doussièguoussou et Mayumba en ligne de mire
Au cœur des discussions, la valorisation d’un triptyque minier appelé à transformer le visage économique de la province : le fer de Milingui, le marbre de Doussièguoussou et la potasse de Mayumba. Trois gisements aux profils différents, mais réunis par une même promesse : générer entre 6 000 et 7 000 emplois directs et indirects, et insuffler à l’économie locale une dynamique durable que les hydrocarbures n’ont jamais pu lui offrir. Les opérateurs ont présenté au chef de l’État l’état d’avancement de leurs projets et leurs chronogrammes respectifs. Selon un opérateur présent, cette réunion a permis de « recadrer les priorités » et de recueillir les orientations présidentielles, notamment pour accélérer les délais d’exécution. Des mots qui sonnent comme un signal clair : la patience présidentielle a ses limites.
Dès 2026, les premières exploitations: le compte à rebours est lancé
Le ministre des Mines, Sosthène Nguema, a qualifié la Nyanga de « véritable espoir » pour le secteur minier gabonais, une formule qui aurait pu paraître rhétorique si elle n’était pas adossée à des échéances concrètes. Deux des trois projets entreront en exploitation dès 2026: le marbre de Doussièguoussou ouvre le bal, suivi du fer de Milingui à partir de novembre. La potasse de Mayumba, troisième pilier de cette transformation, complète un dispositif industriel qui dessine en creux le portrait d’une province enfin sortie de son long sommeil.
Pour la population de la Nyanga: la promesse d’une vie différente
Derrière les chiffres et les chronogrammes, il y a des visages. Ceux des habitants de la Nyanga, qui ont longtemps attendu que le développement frappe à leur porte. Pour eux, ces projets représentent bien plus que des investissements industriels : ils incarnent une rupture avec des décennies de marginalisation économique. Emplois, infrastructures, dynamisation du tissu local, les attentes sont immenses, à la hauteur d’une attente trop longtemps différée.
Ces projets s’inscrivent dans la vision présidentielle de diversification économique, visant à réduire la dépendance aux hydrocarbures et à positionner le Gabon comme un acteur industriel crédible en Afrique centrale. Avec la Nyanga en première ligne, l’ambition est limpide : faire de cette province un modèle de développement intégré, conjuguant exploitation responsable des ressources, création d’emplois et croissance durable. Le sous-sol parle. Il reste à l’État d’en traduire le langage en vie meilleure pour ses habitants.

























