La mairie de Libreville est en ébullition suite à l’arrestation et au défèrement de quatre agents de l’Inspection générale municipale (IGM) pour de présumées malversations financières. Ce qui alimente la polémique n’est pas tant l’acte de corruption présumé, mais le contournement présumé de la procédure disciplinaire interne au profit d’une saisine directe de la justice, une décision qui laisse planer un doute sur les motivations du Délégué Spécial (DS), Adrien Nguema Mba. Informations tirées de nos confrères de Gabonreview du 11 novembre 2025.
La principale critique émanant des agents municipaux de la mairie de Libreville, relayée par un document interne, repose sur le principe du « deux poids, deux mesures ». Normalement, des manquements financiers internes devraient d’abord passer par un Conseil de discipline, permettant des sanctions administratives graduelles. Le passage immédiat devant la justice, impliquant la gendarmerie et potentiellement la détention, est perçu par certains comme un acharnement ciblé, voire une « méchanceté gratuite » visant à discréditer l’entourage du DS.
Cette rupture de procédure alimente l’idée que la lutte anti-corruption sert ici de prétexte à des règlements de comptes politiques ou personnels. Face à ces accusations, Crépin D’assise Owono Bibang, l’Inspecteur Général municipal, apporte une contre-narration factuelle et détaillée. Il argumente que la situation a dépassé le cadre disciplinaire ordinaire dès le départ.
L’affaire aurait commencé par la trahison d’un agent de confiance, qui informait des missions à venir, permettant un circuit organisé de détournement de fonds via les carnets de collecte. Pour obtenir des preuves irréfutables, Owono Bibang, en tant qu’Officier de Police Judiciaire, a mis en place une opération d’infiltration sophistiquée. Il révèle avoir utilisé un agent « appât » pour documenter les tentatives de corruption et matérialiser les détournements, citant des preuves concrètes comme le retour d’un carnet de 3 millions de FCFA censé être neuf.
Cette démarche proactive, visant à prouver l’existence d’un réseau structuré et non d’actes isolés, justifie, selon lui, la saisine de la gendarmerie pour garantir l’impartialité de l’enquête pénale. Les aveux des quatre agents de la mairie de Libreville incarcérés viennent appuyer son rapport. L’Inspecteur Général maintient que sa mission était de fournir des preuves solides au Délégué Spécial.
Si l’IGM a transmis un rapport étayé, la décision finale de déférer les suspects plutôt que d’appliquer des mesures administratives est revenue à Adrien Nguema Mba.
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumbi


























