À Libreville, la subvention à la presse 2025 a été annoncée dans un grand tumulte d’applaudissements et de promesses, mais derrière ce rideau festif, « des zones d’ombre persistent comme des nuages avant l’orage », observe Échos du Nord dans sa parution du 24 décembre 2025. Le 17 décembre, la commission chargée d’examiner les dossiers a déclaré 81 médias éligibles sur 93 candidatures, un chiffre censé symboliser l’aboutissement d’un processus transparent et sans interférence politique. Pourtant, le décor commence à craqueler à y regarder de plus près.
Le calendrier même ressemble à une pièce mal réglée. L’appel à candidatures, lancé le 18 novembre, laissait dix jours aux médias pour déposer leurs dossiers. La commission devait travailler du 17 au 25 novembre, mais l’examen réel n’aurait débuté que le 2 décembre, soit avec près de deux semaines de retard. Échos du Nord s’interroge : « comment un orchestre peut-il jouer juste sans connaître sa partition à temps ? »
Autre couac : le nombre de dossiers examinés reste flou. Les données techniques indiquent 92 dossiers, mais l’annonce publique en a compté 93, sans explication logique. Et si ce détail peut sembler anodin, il en dit long sur un processus qui peine à aligner le cardinal avec le cohérent.
Les travaux de la commission ont opéré trois distinctions : dossiers pleinement conformes, sous conditions et non conformes. Pourtant, la communication officielle a uniformisé ces catégories comme si elles étaient interchangeables, et Échos du Nord rappelle que « tous ne sont pas égaux devant les critères stricts requis ». Beaucoup de candidatures souffriraient d’“insuffisances fiscales, pièces manquantes ou incohérences techniques”, remettant en question la légitimité affichée de cette éligibilité.
Pire encore, aucun rapport final n’a été formellement adopté par l’ensemble de la commission, fragilisant juridiquement tout le dispositif. Échos du Nord alerte : « sans socle institutionnel solide, la subvention ressemble à une maison de cartes prête à s’effondrer ».
Dans un paysage médiatique où la liberté s’est améliorée mais reste fragile, la crédibilité d’un tel mécanisme repose sur la transparence, non sur des chiffres façonnés à la lumière des projecteurs. Comme le conclut Échos du Nord, « la subvention doit éclairer, pas éclipser le vrai visage de la presse gabonaise ». S’achemine t-on vers une nouvelle vague de contestation après la répartition de la subvention d’aide à la presse 2025 comme celle de 2024 ?


























