Depuis les années 1970, un contentieux opposait la Guinée équatoriale et le Gabon concernant la souveraineté de trois îles situées dans la baie de Corisco : Mbanié, Cocotiers et Conga. Ces îles, bien que petites et inhabitées, suscitent des intérêts considérables en raison des ressources pétrolières que pourraient receler leurs eaux environnantes. Le 19 mai 2025, la Cour internationale de justice (CIJ) a rendu son jugement en faveur de la Guinée équatoriale, invalidant ainsi les revendications gabonaises sur ces îles. Pourquoi là Guinée équatoriale l’a emportée ?
Les origines du différend remontent à l’époque coloniale. En 1900, un traité avait été signé entre la France et l’Espagne, les deux puissances coloniales, établissant les frontières dans cette région. La Guinée équatoriale a basé sa demande sur ce traité, soutenant qu’il lui attribuait la souveraineté sur les îles en question. De son côté, le Gabon a fait valoir une convention plus récente, signée en 1974 à Bata, selon laquelle ces îles relèveraient de sa souveraineté. En outre, des troupes gabonaises occupent l’île de Mbanié depuis 1972.
Dans sa décision, la CIJ a rejeté l’argument gabonais relatif à la convention de Bata, la qualifiant de « non-conforme » et de « non-juridique« , soulignant que cette convention ne constituait pas un « traité faisant droit » sur la souveraineté des îles. En revanche, la Cour a confirmé que la souveraineté sur ces îles était restée entre les mains de l’Espagne durant la période coloniale, avant d’être transférée à la Guinée équatoriale à son indépendance en 1968.
Cependant, la décision de la CIJ a des implications qui vont au-delà de la simple souveraineté des îles. En effet, comme l’a indiqué la porte-parole du gouvernement gabonais, Laurence Ndong, « la Cour internationale de justice reconnaît clairement la souveraineté territoriale du Gabon sur les zones d’Ebebyin et de Mongomo », actuellement sous contrôle équato-guinéen. Cela pourrait entraîner des réajustements de la frontière terrestre entre les deux pays.
Malgré cette victoire juridique pour Malabo, le gouvernement guinéen n’a pas réagi officiellement après la lecture du jugement sur Mbanié. En revanche, le secrétaire général de la présidence gabonaise, Guy Rossatanga-Rignault, a souligné que cette décision marquait le début d’un nouveau chapitre de négociations. Il a affirmé que « le Gabon et la Guinée équatoriale sont condamnés à vivre ensemble » et que les deux pays devront désormais « négocier pour régler tous ces problèmes ».
Cette résolution de la CIJ pourrait ouvrir la voie à de futures négociations entre les deux nations pour parvenir à un règlement plus global, incluant la question de la frontière terrestre. Les observateurs estiment que des discussions diplomatiques devraient être engagées dans les mois à venir pour éviter toute escalade et garantir une gestion pacifique de ce différend historique.


























