Le projet gouvernemental visant à réserver la fonction de directeur général des banques, établissements financiers et organismes de microfinance aux ressortissants gabonais marque une étape décisive dans l’affirmation de la souveraineté économique nationale. Soumise au Conseil des ministres par le ministre d’État à l’économie, Henri-Claude Oyima, lors du Conseil des ministres du 8 septembre, cette orientation vient consacrer les compétences et le savoir-faire des cadres gabonais, longtemps éprouvés dans divers domaines de la finance et du management.
Cette décision répond à une exigence de justice économique : permettre aux Gabonais de tenir les rênes d’un secteur stratégique, afin que les choix de gouvernance soient directement alignés sur les priorités nationales. Les talents locaux, formés dans les grandes écoles de commerce, d’ingénierie financière et de management, au Gabon comme à l’international, disposent désormais d’un cadre politique qui reconnaît leur maturité et leur professionnalisme. Cette orientation visant à confier la direction de toutes les banques aux Gabonais favorisera également l’émergence d’une véritable école gabonaise de gouvernance bancaire.
Contrairement aux appréhensions selon lesquelles une telle réforme pourrait fragiliser la solidité du secteur, l’histoire économique du Gabon démontre que ses ressortissants savent relever les défis même au niveau de la gestion des banques. De nombreux gabonais occupent déjà avec succès des postes de haute responsabilité dans les assurances, les finances publiques et les directions générales d’entreprises stratégiques. Leur sens de l’adaptation et leur maîtrise des réalités locales constituent des atouts indéniables face aux défis liés aux créances douteuses et à la nécessaire modernisation du système bancaire.
Le comité national économique et financier (CNEF), qui accompagnera cette transition, jouera un rôle clé en veillant à ce que la compétence reste le critère premier de nomination. Les programmes de formation, déjà engagés dans plusieurs établissements supérieurs et centres spécialisés, fourniront une relève prête à assumer ces responsabilités.
Au-delà de l’enjeu technique, cette réforme incarne un choix de confiance dans les capacités nationales. Elle permettra de renforcer la légitimité du secteur financier auprès des populations, en montrant que les décisions qui les concernent sont prises par leurs compatriotes, conscients des réalités sociales et économiques du pays.
Avec une approche progressive et structurée – associant formation continue, partenariats internationaux et valorisation des compétences locales – le Gabon démontre que son capital humain est prêt à porter la direction nationale du secteur bancaire.
Cette politique ne constitue pas une fermeture, mais une affirmation : les Gabonais sont capables, aujourd’hui plus que jamais, de garantir la stabilité et l’attractivité de leur système financier. Elle érige la compétence nationale comme socle de la souveraineté économique et envoie un signal fort : le Gabon croit en ses fils et filles, et leur confie la mission de conduire son avenir bancaire.
Par Yann Yorick Manfoumbi

























