Le deuxième sommet de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger, s’est achevé ce 24 décembre à Bamako sur des annonces majeures traduisant la volonté des trois pays de consolider leur souveraineté et de renforcer leur coopération régionale. Réunis à Bamako, les chefs d’État Assimi Goïta, Ibrahim Traoré et Abdourahamane Tiani ont dévoilé trois projets structurants : la création d’une banque commune, le lancement d’une chaîne de télévision confédérale et la mise en place d’une force armée conjointe.
La future Banque d’investissement et de développement de l’AES sera dotée d’un capital initial de 500 milliards de francs CFA. Elle aura pour mission de financer les projets d’infrastructures, de soutenir les secteurs stratégiques et de réduire la dépendance des trois États aux institutions financières internationales. Dans un contexte où les sanctions économiques de la CEDEAO ont fragilisé les économies locales, cette initiative apparaît comme une réponse pragmatique et patriotique pour renforcer l’autonomie financière de la région.
Les dirigeants ont également annoncé la création de la Télévision AES, une chaîne confédérale destinée à promouvoir la culture sahélienne, valoriser les initiatives locales et offrir une plateforme médiatique commune. L’objectif est double : renforcer la communication institutionnelle et contrer les narratifs extérieurs jugés hostiles. Cette décision illustre la volonté des États membres de maîtriser leur image et de construire un récit collectif autour de leur projet politique.
Sur le plan sécuritaire, la mise en place d’une force armée conjointe constitue l’un des points forts du sommet. Cette structure, placée sous un commandement unifié, aura pour mission de lutter contre les groupes djihadistes et de sécuriser les frontières. Dans un Sahel marqué par le retrait des forces étrangères et la montée des attaques terroristes, cette initiative traduit une volonté de prendre en main la défense collective et de mutualiser les moyens militaires.
Ces annonces marquent une étape décisive dans la construction de la Confédération de l’AES, officialisée en 2024. Elles traduisent une stratégie globale : bâtir une alternative régionale souveraine, capable de répondre aux défis économiques, médiatiques et sécuritaires. Si la mise en œuvre opérationnelle de ces projets reste un défi, leur portée symbolique est considérable. Elle envoie un signal fort : celui d’une alliance résolue à s’affirmer sur la scène internationale et à offrir à ses citoyens un avenir fondé sur l’autonomie et la solidarité.


























