Les Sénégalais ont poussé le président Macky Sall à ne pas être candidat à un troisième mandat de la polémique quand la France politique lui a dit de partir tranquillement.
Ce lundi 3 juillet, le président sénégalais Macky Sall a surpris la nation lors de son adresse télévisée, annonçant qu’il ne briguerait pas un autre mandat lors des prochaines élections présidentielles. Cette décision était largement anticipée, car nous en avions parlé lors de l’un des nos derniers articles sur la crise politique gabonaise. Nous annoncions que la France, les États-Unis comme les Sénégalais lui avaient demandé de ne pas résister en allant à l’encontre de la volonté de son peuple.
Cette décision de Macky Sall met fin à plusieurs mois, voire années, de spéculations sur sa possible candidature.
« Mes cher (e)s compatriotes, ma décision longuement et mûrement réfléchie est de ne pas être candidat à la prochaine élection du 25 février 2024. Et cela, même si la constitution m’en donne le droit.
En effet, depuis la révision constitutionnelle de 2016, le débat juridique a été définitivement tranché par la décision du Conseil Constitutionnel n°1-C-2016 du 12 février 2016. » a déclaré le Président Macky Sall.
Cette décision du président Macky Sall est une première dans l’histoire politique sénégalaise. Cette annonce apporte un « grand ouf de soulagement » au pays, où de nombreux citoyens craignaient que la déclaration de candidature du président n’entraîne de nouvelles manifestations.
Le Président Sall a ajouté, « Je sais que cette décision surprendra tous ceux et celles nombreux dont je connais l’admiration, la confiance et la fidélité sincères. Elle surprendra aussi ceux et celles qui souhaitent me voir encore guider la construction du pays qui trouve de plus en plus ses marques. »
En effet, le pays reste marqué par les émeutes violentes suite à la condamnation d’Ousmane Sonko, les 1er et 2 juillet, qui ont fait « 16 morts selon les autorités et près de 30 morts selon d’autres sources ».
Avec cette annonce, le président Sall va donc terminer son mandat au au 2 avril 2024, ouvrant la voie à une élection qui désignera un nouveau chef d’État pour le Sénégal. Cette prise de position, respectant la Constitution, souligne le renforcement de la démocratie sénégalaise et, peut-être, initie un précédent pour ses successeurs.
Ce retrait d’apparence « volontaire » de la course présidentielle de Macky Sall, qui a choisi de passer la main en respect de la loi fondamentale du pays, est une nouveauté dans le paysage politique sénégalais et il a été encouragé par la France qui lui aurait clairement indiqué qu’elle ne soutiendra pas son entêtement d’un troisième mandat, lors du dernier Sommet de Paris sur le nouveau pacte financier mondial sur le climat.
Les huis clos de ce même sommet auraient été clairs vis-à-vis de Macky Sall et Ali Bongo Ondimba : pas de troisième mandat.
Le Sénégal pourra désormais organiser des élections libres, transparentes et surtout apaisées, ce qui ne sera pas forcément un pari gagné d’avance pour le Gabon.


























