Dans une interview exclusive accordée à Gabon Actu, Joël Leman Sadoungout, directeur général de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), a annoncé que l’entreprise a honoré, le 21 août 2024, une partie substantielle de sa dette envers son partenaire britannique, Aggreko. Ce paiement, d’un montant de 7,3 milliards de francs CFA, représente la moitié des 15 milliards dus. Cependant, cette transaction n’a guère apporté de répit aux habitants de Libreville, qui continuent de subir trois à quatre délestages quotidiens.
« La SEEG est redevable d’une somme de 21 millions d’euros, soit environ 15 milliards de FCFA à Aggreko. Depuis mardi, nous avons réglé 11 millions d’euros, ce qui équivaut à 7,3 milliards de FCFA », a déclaré M. Sadoungout lors d’un échange téléphonique avec la rédaction de Gabon Actu. Le directeur général a également exprimé l’espoir que ce règlement partiel incite Aggreko à faire preuve de bienveillance, permettant ainsi aux populations gabonaises de retrouver une vie normale. « Nous espérons un geste de bonne volonté d’Aggreko afin que les Gabonais puissent à nouveau jouir d’un certain confort et retrouver la sérénité », a-t-il ajouté.
Cependant, la réalité semble bien plus sombre. Malgré ce paiement de 7,3 milliards de FCFA de la SEEG à Aggreko, les coupures d’électricité se sont intensifiées, plongeant les Librevilleois dans une situation d’inconfort extrême. Les délestages, qui se produisent désormais à un rythme alarmant de trois à quatre fois par jour, durent parfois jusqu’à quatre heures. Cette aggravation de la situation contraste fortement avec les attentes de la SEEG, qui espérait une réduction des interruptions de service.
Le groupe Aggreko, fournisseur d’électricité pour le Grand Libreville, avait menacé de cesser ses activités si la créance n’était pas soldée avant le 21 août 2024. Or, malgré le versement partiel, il n’y a eu aucun allègement du régime des coupures. Cette situation inédite au Gabon, mais tristement familière sous le régime de Transition mené par le CTRI, entraîne des pertes financières colossales pour les entreprises locales et des dégâts matériels conséquents pour les ménages. Le silence des autorités de la Transition face à cette crise accentue le désarroi des populations.
La persistance des délestages, malgré les efforts paiement de la SEEG à Aggreko, soulève des questions sur l’avenir de la fourniture énergétique à Libreville et sur les mesures que les autorités envisagent pour résoudre cette crise qui ne cesse de s’aggraver.


























