L’octroi du statut de fondations d’utilité publique à l’association Ma Bannière, dirigée par Zita Oligui Nguema, et à la Fondation Dorcas, présidée par Anouchka Avome, marque un tournant significatif dans la philanthropie au Gabon rappelle Africa Intelligence. « Par ces décrets signés le 1er août, l’État gabonais confère à ces deux organisations une reconnaissance officielle qui leur ouvre la voie à des avantages fiscaux, notamment des exemptions sur les dons », témoignant ainsi du soutien politique aux initiatives caritatives via les Fondations des premières dames, les deux épouses d’Oligui Nguema.
« Historiquement, les premières dames gabonaises ont joué un rôle central dans les actions sociales du pays. » Le modèle d’Édith Lucie Bongo Ondimba, qui fonda en 1996 la Fondation Horizons nouveaux (FHN), reste emblématique. Cependant, comme en témoigne le cas de la FHN, le sort de ces fondations est souvent intimement lié aux aléas politiques. « Laissé à l’abandon sous le régime d’Ali Bongo, ce projet a été récemment relancé par ses enfants, soulignant ainsi le poids des dynamiques familiales et politiques dans la pérennité de ces œuvres », fait remarquer notre confrère Africa Intelligence.
À l’inverse, la Fondation Sylvia Bongo Ondimba pour la famille a vu ses activités brutalement interrompues après l’arrestation de sa fondatrice lors du coup d’État du 30 août 2023. « Ce revirement met en lumière la fragilité des projets humanitaires face aux changements de pouvoir. » De même, l’ONG Otima, portée par Léa Bongo, s’est retrouvée en suspens, illustrant la manière dont les ambitions politiques peuvent influencer les initiatives caritatives.
Une nouveauté sous la présidence de transition de Brice Clotaire Oligui Nguema est la présence de deux premières dames, un fait inédit dans l’histoire récente du pays. « Cette situation crée une concurrence inédite entre Zita Oligui Nguema et Anouchka Avome, notamment sur le plan diplomatique. » Zita, par exemple, a su se positionner en rejoignant l’Organisation des Premières fames d’Afrique pour le Développement (OPDAD), reprenant ainsi un rôle autrefois occupé par Sylvia Bongo.
Cette concurrence entre premières dames, à travers leurs Fondations, les deux épouses d’Oligui Nguema, encouragée par l’entourage du président, reflète une « nouvelle dynamique du pouvoir féminin » au Gabon, où l’influence des épouses du chef de l’État semble désormais aussi déterminante sur le terrain caritatif que diplomatique.


























