Il faut toujours se méfier de celui qui dort avec le diable et qui, le matin venu, vient vous dire que le diable est mauvais. Cette image illustre tristement ce qui se joue aujourd’hui dans notre pays. Car derrière les discours enjolivés de « rupture » et de « renouveau », les vieilles pratiques reprennent vie, simplement maquillées d’un vernis de modernité comme c’est le cas entre l’UDB et le PDG.
Pendant des décennies, le Parti Démocratique Gabonais (PDG) a régné en maître, verrouillant la vie politique et étouffant toute opposition crédible. Puis vint l’heure de la « transition » et de la promesse d’un nouveau souffle. Beaucoup ont cru ou voulu croire, que la page était tournée, qu’un autre chemin s’ouvrait enfin. On nous parlait de dignité retrouvée, d’un Gabon réconcilié avec ses valeurs, d’une politique plus saine et plus respectueuse du peuple.
Mais que voyons-nous aujourd’hui ? À Lambaréné, dans le 2ᵉ arrondissement, un candidat UDB, Davin Akouré, se présente avec un suppléant PDG. Dans l’Ogooué et des Lacs, c’est l’inverse : une candidate PDG, Jeannine Lydie Roboty, s’affiche aux côtés d’un suppléant UDB. Plus fort encore, à Okondja, la ministre de la Défense, Brigitte Okanowa, défend les couleurs de l’UDB mais son suppléant sort directement des rangs du PDG. Dans le 3e arrondissement de Franceville, Mavie Abouna a pour suppléant un membre de l’UDB, c’est donc un mariage de raison, pas de coeur.
N’est-ce pas là une mascarade ? Comment peut-on, dans le même souffle, crier à la rupture et se jeter dans les bras de l’ancien système ? Comment oser parler de renouveau quand les nouveaux habits ne sont que des haillons repris à l’ancien maître ?
Ce spectacle affligeant est une gifle au peuple gabonais. Le citoyen est pris pour un enfant que l’on berce avec des slogans, alors qu’en coulisse, les mêmes deals, les mêmes alliances contre-nature, les mêmes combines se nouent pour garder le pouvoir. On appelle cela « rupture », mais en réalité ce n’est qu’un mariage arrangé entre les bâtisseurs et l’ancien empire, un pacte avec le diable qui ne dit pas son nom.
Le Gabon n’a pas besoin d’une comédie politique où les acteurs changent de costume sans changer de rôle. Le peuple mérite une vraie alternance, pas une pièce de théâtre où le diable, qu’hier on vouait aux gémonies, devient aujourd’hui le compagnon de lit.
À force de tromper le peuple, certains oublient qu’il n’y a pas de mariage durable avec le diable : il finit toujours par réclamer son dû. Et le prix, cette fois, pourrait bien être la colère d’un peuple lassé d’être pris pour un figurant dans un scénario qui n’est pas le sien.


























