Dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse ce vendredi 3 mai, Reporter sans frontières (RSF) a publié son classement annuel, mettant en lumière une amélioration apparente au Gabon. Malgré une remontée de 38 places en 2024, le pays reste au 56e rang sur 180 pays selon l’indice de RSF.
Cette progression est attribuée en partie aux déclarations du président de la Transition, le général Brice Clotaire Oligui Nguema, promettant un soutien accru à la presse selon RSF. Cependant, RSF souligne que des obstacles persistent, pointant du doigt la Haute autorité de la communication (Hac) pour ses actions jugées répressives, entravant l’émergence d’une presse véritablement libre et indépendante au Gabon.
La Hac est critiquée pour ses « sanctions zélées » et ses « suspensions abusives ». Gabon Mail Infos a été l’une des victimes de cette institution, qui lui a coupé le signal pendant quatre mois. Il a fallu que le média lui paie une redevance largement supérieure à l’agrément technique du ministère de la Communication et des Médias. Dans la foulée, on peut citer Jouractu, Convergence Afrique, News africaines et bien d’autres victimes de la HAC.
ESF souligne le manque d’indépendance de la HAC, en raison de la nomination de ses membres par le pouvoir en place. RSF souligne également les difficultés économiques auxquelles sont confrontés les médias, aggravées par la crise des matières premières de 2014 et la pandémie de Covid-19. Bien que l’aide à la presse écrite soit répartie plus équitablement depuis 2020, les journalistes demeurent confrontés à des défis financiers significatifs, avec une diminution du marché publicitaire et une fuite des annonceurs des médias critiques.
Malgré une rareté des arrestations arbitraires, les journalistes gabonais restent sujets à des intimidations, notamment par le biais de convocations par les services de sécurité. Cette situation met en lumière les progrès à faire pour garantir une presse véritablement libre et indépendante au Gabon, malgré les efforts déployés jusqu’à présent.











































