Le remaniement ministériel du 1ᵉʳ janvier 2026 a surpris le secteur minier gabonais, avec le départ de Gilles Nembe, alors que le projet de Belinga entre dans une phase décisive. Ingénieur des Mines de 54 ans, Nembe a été à l’origine du redémarrage de ce dossier stratégique, ayant dirigé les négociations avec des partenaires chinois qui ont permis d’obtenir les financements nécessaires pour le barrage hydroélectrique de Belinga. Cette infrastructure est cruciale pour l’autonomie énergétique et le développement industriel du Gabon.
La question se pose : pourquoi écarter le maître d’œuvre, Gilles Nembe, à ce moment critique, alors que les travaux doivent débuter en 2026 ? Ce changement pourrait-il être le signe d’une simple redistribution des rôles ou d’une réorientation plus profonde concernant l’exploitation des ressources naturelles du pays ? Le choix de son successeur, Sosthène Nguéma Nguéma, ministre du Pétrole, soulève également des interrogations. Bien que les deux ministères soient liés aux secteurs extractifs, leurs logiques opérationnelles et contractuelles sont fondamentalement différentes.
Le projet Belinga, avec sa complexité logistique et ses enjeux environnementaux, nécessite une continuité technique que Gilles Nembe avait su incarner auprès des investisseurs internationaux. Son écartement à ce stade pourrait créer une zone d’ombre qui inquiète les partenaires potentiels. Pour les investisseurs, la stabilité des interlocuteurs est souvent aussi cruciale que la qualité des ressources à exploiter. En remplaçant Gilles Nembe, le gouvernement risque d’envoyer un signal de volatilité sur un dossier emblématique de la relance minière gabonaise.
Si ce changement de personnel ne remet pas en cause l’existence du projet, il soulève des inquiétudes quant à la gestion future de Belinga. Les acteurs du secteur minier peuvent percevoir cette décision comme un signe de désorganisation ou d’instabilité, ce qui pourrait freiner les investissements nécessaires au développement du projet. La capacité du nouveau ministre à maintenir le cap et à rassurer les investisseurs sera déterminante pour l’avenir du projet et, par extension, pour la relance du secteur minier gabonais.
Le remaniement ministériel, loin d’être un simple jeu de chaises musicales, pourrait avoir des répercussions profondes sur le secteur minier gabonais. Les décisions prises dans les jours et semaines à venir seront cruciales pour assurer la continuité et la réussite du projet de Belinga, ainsi que pour maintenir la confiance des investisseurs dans un secteur déjà fragile. Le gouvernement devra agir rapidement pour clarifier sa vision et rétablir la stabilité nécessaire à la relance de l’industrie minière au Gabon.







































