Alors que les familles déguerpies du quartier Plaine-Orety vivent dans l’angoisse depuis des mois, le site de relogement de Bikélé-Nzong fait de nouveau parler de lui. Situé dans le troisième arrondissement de Ntoum, ce vaste projet immobilier, lancé sous la bannière du Plan Complet de Relogement (Pcr), vise à offrir une issue honorable aux sinistrés dont les logements ont été démolis lors des opérations d’aménagement du bassin versant de Terre-Nouvelle. Mais la promesse suffit-elle à panser les plaies laissées par le déguerpissement ?
Le site Bikélé-Nzong prévoit la construction de 1 070 logements, dont 40 unités ont d’ores et déjà été livrées à certaines familles. Une phase d’urgence prévoit l’attribution de 260 maisons supplémentaires aux sinistrés, le tout financé par une enveloppe estimée à 2,5 milliards de FCFA.
Mais derrière ces chiffres, une réalité plus complexe se dessine : beaucoup de déplacés continuent de vivre dans la précarité, privés de solutions immédiates, alors même que certains logements déjà construits demeurent inoccupés, faute de critères administratifs ou de lenteurs dans les procédures.
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Seuls les anciens propriétaires ayant perdu un bien reconnu sont éligibles pour l’instant, excluant ainsi une large frange de la population notamment les locataires, tout aussi touchés par les déguerpissements. Cette politique d’attribution de Bikélé-Nzong, bien que réglementaire, soulève des questions éthiques sur le droit au logement pour tous, surtout dans un pays où l’accès à la propriété reste un privilège.
La récente visite du président Brice Clotaire Oligui Nguema sur le site, le 25 juin 2025, fut saluée comme un geste fort d’implication personnelle. Mais les promesses, aussi sincères soient-elles, perdent tout leur poids lorsqu’elles ne sont pas suivies d’effets concrets. L’urgence humanitaire ne peut se résoudre dans les discours ; elle appelle des actes, rapides, transparents et équitables.
Ce projet de relogement ne peut devenir un énième symbole d’inachevé. Il est un test moral pour notre société, un miroir tendu à nos institutions. Ce n’est pas simplement un chantier d’infrastructures, mais une opportunité de réaffirmer que la dignité humaine ne se négocie pas elle se garantit.










































