C’est un tournant politique personnel mais lourd de symboles : Norbert Epandja a officiellement quitté le Rassemblement pour la Patrie et la Modernité (RPM). Huit ans après y avoir fait son entrée comme figure de l’opposition au régime Bongo-PDG, il tourne la page, non sans reconnaissance, mais avec une conviction intacte : celle de servir autrement.
Dans une lettre digne et réfléchie adressée au président du Rpm, Epandja exprime sa « profonde gratitude » envers ses compagnons de route, tout en affirmant avec clarté que son combat initial la résistance contre le pouvoir incarné par Ali Bongo a atteint son terme avec la chute du régime le 23 août 2023. Pour lui, le Rpm, jadis force de contestation politique, a accompli sa mission historique.
Trois fois dans son message, le RPM est cité comme repère — d’abord comme structure de combat contre une gouvernance qu’il jugeait inacceptable, ensuite comme école politique qui a forgé son engagement, enfin comme entité à laquelle il choisit aujourd’hui de dire adieu pour mieux s’aligner avec ses propres idéaux.
« Je suis un bâtisseur », écrit-il. Une phrase brève, mais qui résume toute sa philosophie.
Fondateur du Bureau gabonais des droits d’auteur (Bugada), Norbert Epandja revendique 25 années de lutte pour la reconnaissance des droits culturels. Ce parcours, hors des logiques strictement politiciennes, l’ancre dans une vision plus large de l’engagement citoyen, qu’il souhaite aujourd’hui poursuivre hors du cadre partisan que représente le Rpm.
Sa démission n’est donc pas un désaveu, mais un repositionnement. Une décision qui pourrait inspirer d’autres figures publiques à repenser le sens de leur engagement au sein d’un écosystème politique en pleine redéfinition.










































