À peine né, le Rassemblement des Bâtisseurs (RDB), conçu comme un bras politique provisoire pour porter la candidature de Brice Clotaire Oligui Nguema, se déchire déjà sous le poids de ses ambitions contradictoires. Ce mouvement, censé incarner l’unité autour du chef de l’État élu, se transforme désormais en arène de luttes intestines, de rivalités d’ego et de querelles qui rappellent moins la grandeur de la République que les caprices d’une cour de récréation.
L’annonce faite le 14 avril 2025 par le Coordinateur général du RDB, Me Anges Kevin Nzigou, de la transformation du mouvement en parti politique, a été l’étincelle qui mit le feu aux poudres. Ce geste, présenté comme un pas vers l’enracinement démocratique, a été perçu par certains comme un coup de force. En tête de la fronde : Justine Judith Lekogo, proche du chef de l’État, qui conteste vigoureusement la légitimité d’une telle décision. « Me Nzigou n’est pas le fondateur du RDB », martèle-t-elle, laissant entendre que l’avocat se serait arrogé des prérogatives qui ne sont pas siennes.
Derrière les postures et les déclarations en cascade, une réalité saute aux yeux : le RDB est en proie à une guerre larvée où les ambitions personnelles prennent le pas sur l’intérêt collectif. Les soutiens de Me Nzigou, parmi lesquels Gondjout Malvine, Elza Boukandou et Nora Kassa, ont pourtant maintenu le cap. Les adhésions ont été lancées dès le lendemain, le 15 avril, en dépit de la contestation grandissante. Mais au lieu de construire, on s’acharne à démolir les fondations de la cohésion.
Dans ce tumulte, la voix de la sagesse s’est timidement élevée. Parfait Moubamba alias Bung Pinze, dans une sortie rarement appréciée mais mesurée, déplore une « dérive juvénile », évoquant des attitudes qui « pourraient faire regretter les heures sombres du PDG ». L’image est forte. Elle suggère que cette cacophonie n’est pas sans rappeler les travers du passé que l’on prétendait pourtant vouloir dépasser.
Et comme pour ajouter à la confusion, Justine Judith Lekogo brandit un communiqué annonçant la suspension des activités du RDB, y compris l’Assemblée générale constitutive prévue le 19 avril. Mais sur quelle base repose cette suspension ? Aucune référence claire à une autorité supérieure, sinon l’invocation d’un chef de l’État muet dans cette tempête.
Dans l’opinion, deux camps se dessinent. D’un côté, ceux qui pensent que Me Nzigou aurait agi avec l’aval implicite du président Oligui Nguema. De l’autre, ceux qui jugent qu’il aurait précipité les choses, trahissant la patience stratégique nécessaire jusqu’à la confirmation constitutionnelle du nouveau pouvoir.
Qu’on le veuille ou non, ce tumulte dévoile un mal plus profond : l’absence de coordination, de maturité politique, voire de vision partagée. Est-ce ainsi que l’on entend bâtir une nouvelle République ? Ces enfantillages, loin de rassurer, jettent le doute sur la solidité du socle sur lequel repose l’édifice en chantier du pouvoir.
À chacun de méditer. Et surtout, à chacun de choisir : construire ou détruire.


























