L’entretien réalisé par Christian Kouiga Nymangoye de nos confrères de L’Union et la ministre Marcelle Ibinga-Itsitsa, paru le lundi 3 novembre 2025, offre un aperçu crucial de la réformes en cours de la Fonction publique gabonaise, marquée par la fin du gel des recrutements et une tentative de rationalisation des effectifs.
La Ministre de la Fonction publique confirme que « l’administration gabonaise compte 113 066 agents répartis sur trois centres de gestion. Le point central de cette interview est le changement de paradigme dans le recrutement : face à des effectifs déjà importants, le gouvernement abandonne le recrutement massif pour adopter une approche basée sur les “besoins réels” exprimés par les secteurs, formalisée par des outils comme la GPEEC et le RIMEG. »
La position de la Ministre est celle d’une administration cherchant à passer d’une gestion quantitative à une gestion qualitative des ressources humaines. La Ministre annonce que depuis la levée du gel en novembre 2023, « c’est plus de 13 000 agents publics qui ont été recrutés ». Ce chiffre, bien que significatif, doit être mis en perspective avec le stock total et les 155 000 dossiers de demandeurs d’emploi reçus, ce qui suggère que la reprise des embauches est sélective et loin de satisfaire la demande accumulée.
Le traitement des 155 000 dossiers est révélateur des défis administratifs. La Ministre précise «qu’après croisement des dossiers avec les admis aux différents concours d’entrée […] ainsi que les doublons évalués à 25 000, ce nombre a été revu à la baisse et ramené à 128 700 agents ». Le succès de cette phase dépendra de la rigueur du « croisement des dossiers » et de la capacité à proposer des solutions concrètes aux restants.
Les recensements ont permis d’avoir « des données ou résultats exacts sur le nombre de fonctionnaires que compte notre pays le Gabon ». La mise en place imminente d’un conseil de litiges aura pour principe directeur d’« examiner et de régler définitivement les litiges issus des conclusions de la Task Force ». C’est une mesure forte contre l’absentéisme, mais cela risque de générer des conflits sociaux si les procédures ne sont pas parfaitement transparentes.
« Le gouvernement s’engage dans une réforme structurelle visant à professionnaliser l’État via la GPEEC. Le défi majeur réside dans la mise en œuvre efficace de ces outils sophistiqués dans un contexte de forte attente sociale et de nécessité de réconcilier l’assainissement des effectifs avec la promesse d’emploi pour la jeunesse », a souligné la ministre de la Fonction publique.
« Au sujet des 10 000 agents publics évoqués par le ministre d’État, ministère de l’Économie, des Finances, de la dette et des participations, Chargé de la Lutte contre la vie chère, il est question des retardataires et des personnes ayant mal renseigné ou mal rempli la fiche de collecte de données. À ce jour, nous ne pouvons pas conclure qu’il s’agit des fonctionnaires recherchés, d’autant plus qu’un délai suppléant mentaire de deux semaines, qui a pris effet depuis le lundi 20 octobre, a été accordé pour permettre à ceux qui entraient encore de se rattraper et de se mettre à jour. »
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumbi










































