La campagne présidentielle d’avril 2025 s’ouvre dans un climat électrisé par une nomination qui fait couler beaucoup d’encre. Le choix du directoire de campagne de Brice Clotaire Oligui Nguéma suscite interrogations et stupéfaction. Alors que l’on s’attendait à une figure vierge de tout passé controversé, c’est Jean-Pierre Oyiba, un baron du Parti démocratique gabonais (PDG), qui prend les commandes. Un choix déconcertant pour un chef d’État dont l’ascension a été marquée par la mise à l’écart du PDG, ce parti balayé par le coup d’État du 30 août 2023.
Anges Kevin Nzigou, à la tête du Mouvement « Rassemblement des bâtisseurs » (RDB), se retrouve relégué au rang de coordonnateur en second, sous la coupe de Jean-Pierre Oyiba. Un coup du sort pour celui qui, depuis des mois, ne cessait de marteler l’incompatibilité entre la nouvelle ère politique et les caciques de l’ancien régime. Lui qui scandait : « Oligui Nguéma doit se débarrasser du PDG et des Pdgistes » se voit contraint d’exécuter les directives d’un pur produit du système qu’il combattait. Une ironie du destin ou un piège politique soigneusement tendu ?
Depuis plusieurs mois, Anges Kevin Nzigou sillonnait le pays et multipliait les déclarations tranchantes contre les anciennes pratiques. Son ralliement à Oligui Nguéma s’appuyait sur la promesse d’un renouvellement politique, loin des figures décriées du PDG. Mais la réalité du terrain s’impose à lui avec une brutalité inattendue. La stratégie du chef de l’État semble préserver les anciens réseaux, laissant peu de place à l’illusion d’un renouveau total.
Face à cette donne, nombreux sont ceux qui s’interrogent : Anges Kevin Nzigou a-t-il sous-estimé les rouages du pouvoir ? A-t-il oublié que plusieurs même dans son bureau du Rassemblement des Bâtisseurs étaient l’émanation du PDG? A-t-il négocié un accord qu’il ne pouvait honorer sans y perdre de sa crédibilité ? Désormais, il doit composer avec un PDG toujours influent, dont les figures de proue tiennent les rênes des coordinations provinciales et locales. Son poids politique, face à ces vieux briscards aguerris aux jeux d’appareil, pourrait bien s’avérer insuffisant.
Ainsi, dans cette arène où les règles sont dictées par les anciens, les novices risquent souvent de repartir avec des miettes et parés par l’illusion qu’ils étaient déjà devenus très puissants.
Anges Kevin Nzigou joue donc une partie serrée. Outre le fait de seconder Jean-Pierre Oyiba, il y a deux autres coordonnateurs. Anges Kevin Nzigou assure la gestion du Rassemblement des Bâtisseurs (RDB), Gaillard Assoumou Akoue en charge des partis politiques et Aurélien-Marcel Mintsa Nguema en charge des ressources humaines et des finances.
Reste à savoir si Anges Kévin Nzigou saura déjouer les pièges d’un système qu’il pensait avoir écarté. L’avenir nous le dira sous peu.


























