À peine installé à la tête de la mairie de Port‑Gentil, Pascal Houangni Ambouroue affiche une volonté ferme de restaurer l’orthodoxie administrative. L’audit interne commandé par sa nouvelle équipe a révélé une anomalie majeure : plus de 500 agents émargent au budget municipal sans dossier complet ni base légale valide. Cette situation illustre les dérives accumulées au fil des gestions précédentes et constitue une véritable hémorragie financière pour la capitale économique du Gabon.
Le nouveau maire refuse de céder à l’inertie. En lançant un ultimatum aux agents concernés pour régulariser leur situation, il met fin à une pratique d’emplois fictifs qui fragilisait la crédibilité de l’administration locale. Cette démarche traduit un leadership responsable : chaque franc CFA doit être utile et orienté vers les chantiers urbains prioritaires.
L’assainissement de la masse salariale est une étape indispensable pour libérer des marges budgétaires. Mais cette opération comporte des risques :
Résistances internes : les agents concernés pourraient opposer une forte contestation, voire mobiliser des réseaux politiques.
Impact social : la régularisation pourrait entraîner des licenciements, avec des conséquences sur le climat social de la ville.
Crédibilité politique : la réussite ou l’échec de cette réforme conditionnera l’image du maire comme homme de rupture ou simple gestionnaire de crise.
Pour transformer cette volonté en résultats durables, plusieurs pistes s’imposent :
Digitalisation des registres : instaurer un système informatique centralisé pour sécuriser la gestion des ressources humaines et éviter les doublons.
Audit externe régulier : confier à des cabinets indépendants la vérification périodique des effectifs et des finances municipales.
Dialogue social : accompagner les mesures de régularisation par une concertation avec les syndicats afin de limiter les tensions.
Réinvestissement visible : affecter les économies réalisées à des projets tangibles (routes, éclairage, assainissement) pour prouver aux citoyens l’utilité de la réforme.
La démarche de Pascal Houangni Ambouroue est courageuse et nécessaire. Mais elle ne doit pas se limiter à une opération ponctuelle de nettoyage. Pour que Port‑Gentil devienne une ville moderne et transparente, il faudra inscrire cette réforme dans une logique de gouvernance durable, où la rigueur administrative s’accompagne d’une vision claire du développement urbain.

























