Le projet de loi de finances 2027 élargit les exonérations de TVA. Elles concerneront le pain, la farine, les fournitures scolaires et les médicaments. Ces produits pèsent lourd dans le budget des ménages gabonais. Cette mesure répond à un objectif social clair. Le texte soutient également certains investissements touristiques et la pêche artisanale. Cependant, une question demeure : quel sera le coût pour le Trésor ? En outre, les Gabonais peuvent-ils en attendre des bénéfices concrets ?
Cependant, une exonération ne garantit pas une baisse équivalente des prix. Sans contrôle de la répercussion, les marges des opérateurs peuvent absorber l’avantage fiscal. Les consommateurs en profiteraient alors beaucoup moins que prévu. Par conséquent, le gouvernement devrait instaurer un suivi transparent des prix. Ce dispositif mesurerait aussi le manque à gagner fiscal. Ainsi, chacun verrait clairement qui bénéficie réellement de la mesure fiscale. Enfin, cette transparence renforcerait durablement la confiance des citoyens dans la politique budgétaire.
Le tourisme et la pêche : des conditions strictes
Le texte fixe à 300 millions de FCFA HT le seuil des nouveaux investissements touristiques éligibles. Ce plancher favorise donc les projets d’une certaine envergure. Pourtant, les petites structures locales jouent souvent un rôle essentiel dans l’économie touristique. Elles risquent de rester à l’écart de cet avantage. De plus, l’incitation fiscale ne garantit ni la création d’emplois ni la captation de valeur. Les entreprises gabonaises pourraient donc en profiter peu. Cette orientation soulève une vraie question d’équité.
Quant à la pêche artisanale, le pétrole destiné aux pêcheurs bénéficie aussi d’une exonération. L’État la conditionne à plusieurs obligations administratives, fiscales, sociales et environnementales. Cet encadrement paraît donc nécessaire. Toutefois, son efficacité dépendra des modalités de contrôle sur le terrain. Sans inspections régulières, les obligations resteraient théoriques. Par ailleurs, les contrôleurs devront disposer de moyens suffisants. Le carburant pèse lourd dans les dépenses des pêcheurs artisanaux. Les pêcheurs attendent aussi des procédures plus simples et rapides.
Le coût fiscal sous la loupe
Dans un contexte de fortes contraintes budgétaires, chaque exonération représente une recette perdue. L’État renonce donc à des ressources importantes. Le PLF 2027 doit prouver que ces renoncements produiront des gains réels. Ces gains concernent la baisse des prix, les investissements supplémentaires et les coûts réduits pour les pêcheurs. En effet, une dépense fiscale doit produire des résultats mesurables. Cette exigence vaut pour toutes les mesures fiscales du projet de loi. Dès lors, la transparence devient indispensable.
Ainsi, le gouvernement doit évaluer le coût fiscal de chaque mesure. Il doit aussi contrôler les bénéficiaires avec rigueur. Enfin, des indicateurs publics permettraient de mesurer les résultats. Le Parlement pourrait alors juger l’efficacité de ces choix. Cette démarche protégerait les finances publiques. Elle rassurerait aussi les contribuables. Par ailleurs, l’État pourrait publier chaque année le coût de ces exonérations. Les citoyens jugeraient alors la dépense sur des faits. Cette culture du résultat guiderait les arbitrages futurs.
Une exonération seule ne suffit pas
Une exonération seule ne suffit donc pas. Sans évaluation du coût fiscal, sans contrôle des bénéficiaires et sans mesure des résultats, elle restera un avantage annoncé. Par conséquent, elle ne deviendra jamais un levier réellement démontré de pouvoir d’achat et de développement pour les Gabonais.








































