Par l’intermédiaire de l’Agence des participations de l’État, Paris détient déjà 27,1 % du capital. L’État souscrira à sa quote-part et pourra racheter certains droits préférentiels de Sorame-CEIR. Cette mécanique le propulserait premier actionnaire, avec un plafond de 49 % des droits de vote effectifs. Toutefois, l’opération attend encore toutes les autorisations réglementaires nécessaires.
Bories salue un jalon majeur
La présidente-directrice générale, Christel Bories, parle d’une étape déterminante pour l’avenir d’Eramet. Elle estime que l’opération garantit la pérennité financière du groupe, tel un phare dans la brume. Elle salue l’accord trouvé entre les deux grands actionnaires de référence. Enfin, elle insiste sur la feuille de route et sur la sécurisation des métaux critiques.
Cette opération dépasse le simple sauvetage comptable. Elle traduit l’ambition de Paris de sécuriser ses approvisionnements en métaux critiques. En effet, la compétition industrielle mondiale ressemble à une course où chaque tonne compte. Par conséquent, l’État préfère s’engager plutôt qu’observer, protéger plutôt que subir. Cette stratégie assume un choix clair de souveraineté nationale.
Le Gabon, pièce maîtresse du puzzle
Eramet opère au Gabon depuis plusieurs décennies à travers la Compagnie minière de l’Ogooué. Cette filiale, Comilog, exploite le manganèse de Moanda. Par ailleurs, Setrag, filiale de Comilog, gère et entretient le Transgabonais selon une convention avec l’État gabonais. Ces deux activités forment l’épine dorsale des exportations de minerai et du transport de voyageurs.
Pourtant, ce renfort français n’annonce aucun changement dans la conduite des activités gabonaises. Il donne un poids supplémentaire aux grandes décisions stratégiques du groupe. Les minerais critiques gagnent en importance dans les politiques industrielles et énergétiques actuelles. Libreville devra donc surveiller les investissements, la transformation locale du manganèse, l’emploi et la qualité du rail.
Un partenariat à surveiller de près
Lisons alors cette opération à deux niveaux distincts. Paris consolide un groupe stratégique et verrouille des ressources essentielles. Le Gabon, lui, espère des retombées économiques durables dans un partenariat aux équilibres capitalistiques mouvants. En somme, l’équilibre se jouera entre l’ambition française et la vigilance gabonaise.












































