Au troisième trimestre 2025, la baisse de la production pétrolière et gazière confirme l’essoufflement progressif du moteur extractif national, tandis que le manganèse enregistre un rebond conjoncturel qui ne suffit pas à inverser la tendance annuelle.
Ces chiffres, déjà commentés par plusieurs médias, ne doivent pas être lus comme une simple statistique économique. Ils constituent un signal d’alarme adressé directement aux décideurs politiques. Car derrière la contraction globale de 4,3 % sur le trimestre et de 3,0 % sur neuf mois, c’est un modèle économique entier qui vacille, prisonnier de gisements vieillissants et d’une incapacité persistante à anticiper l’après-pétrole.
Le pétrole, pilier budgétaire depuis des décennies, illustre pleinement cette inertie. La baisse de 4,7 % observée n’est pas un accident isolé, mais le symptôme d’une industrie qui vit sur ses acquis. Le recul de 6,6 % du gaz naturel révèle une autre faiblesse structurelle : disposer de ressources sans stratégie claire pour les valoriser. Cette double contraction impose une interrogation politique explicite : pourquoi les autorités n’ont-elles pas accéléré la diversification énergétique et l’exploration de nouveaux horizons, notamment l’offshore profond ?
Le manganèse, avec son rebond de 8,6 %, pourrait apparaître comme une respiration passagère. Mais la baisse de 5,2 % sur neuf mois rappelle que ce secteur demeure fortement tributaire des marchés internationaux. Pour COMILOG et ses partenaires, l’enjeu dépasse l’extraction brute : il s’agit de transformer localement le minerai et de créer une véritable valeur ajoutée nationale. Or, cette orientation stratégique dépend d’une volonté politique forte, qui tarde encore à se matérialiser.
Ce trimestre agit ainsi comme un avertissement sans ambiguïté. Les décideurs ne peuvent plus se contenter de commenter les chiffres : ils doivent assumer leur responsabilité historique. Le Gabon est appelé à inventer un nouveau souffle économique, fondé sur l’innovation, la diversification et la transformation locale. Faute de quoi, chaque publication trimestrielle continuera de rappeler brutalement la vulnérabilité d’un pays prisonnier de son modèle extractif.

























