À l’heure où le sablier des 100 premiers jours s’écoule, le gouvernement décline ses priorités comme on dresse la carte d’un territoire à reconquérir. Invité de l’émission « Le Gouvernement s’exprime » sur Gabon 24, le 12 février, le ministre de l’Économie, des finances et des participations, chargé de la dette et de la lutte contre la vie chère, Thierry Minko, a livré une feuille de route aux accents volontaristes, tournée vers la relance, la discipline budgétaire et le soulagement du panier de la ménagère. Dans un contexte social tendu, l’exercice se voulait à la fois pédagogique et engageant.
Face aux téléspectateurs, le ministre a dressé un état des lieux sans fard. L’économie gabonaise a progressé de 3 % en 2025, avec une ambition portée à 6 % en 2026. Une cadence jugée insuffisante pour rompre avec l’inertie structurelle. « Notre économie n’est pas suffisamment dynamique », a-t-il reconnu, plaidant pour une souveraineté économique fondée sur la transformation locale des ressources minières, afin de semer des emplois, de récolter des salaires et d’élargir l’assiette fiscale. L’image est claire : transformer pour croître, plutôt que d’exporter à l’état brut.
Au cœur des mesures à impact immédiat figure la Centrale d’achat, présentée comme un levier pour desserrer l’étau de la vie chère. En associant des importateurs majeurs, l’État entend irriguer l’ensemble des circuits de distribution en produits de première nécessité à coûts maîtrisés. Riz, viande, poisson : autant de denrées appelées à voir leurs prix fondre, tel un soleil dissipant la brume inflationniste. L’objectif affiché est un allègement tangible du panier des ménages, sans distorsion de marché.
Sur le front de la dette, le ministre a évoqué un taux oscillant entre 65 et 68 %, pour un encours compris entre 8 000 et 8 500 milliards de francs CFA. Le reprofilage envisagé, étalé sur trois à cinq ans, vise à dégager des marges de manœuvre, adossées à des financements ciblés et à une redevabilité mensuelle rendue publique. Parallèlement, la DGCCRF intensifie les contrôles pour faire respecter les prix homologués sur l’ensemble du territoire.
Enfin, la réforme fiscale, avec la Contribution foncière unique et la Taxe foncière d’habitation, entend rétablir l’équité en sollicitant davantage les détenteurs de multiples biens, sans alourdir les ménages modestes ni les PME. Dans ce cap affiché, la transparence et la lutte contre la corruption sont érigées en boussole, afin que chaque franc dépensé serve l’intérêt collectif et crédibilise l’action publique.

























