Tel un voile que l’on soulève sur une scène longtemps restée dans l’ombre, l’affaire CNSS-Clikafrik s’invite de nouveau dans le débat public. Le 13 février 2026, la Fédération des travailleurs du secteur parapublic et privé (FETRAG) a tenu un point de presse pour exposer ce qu’elle considère comme les failles originelles du contrat liant la Caisse nationale de sécurité sociale à la société Clikafrik. À ses yeux, il ne s’agit ni d’un malentendu technique ni d’un banal contentieux, mais d’un acte vicié à la racine, né dans un climat institutionnel instable.
Pour le président de la centrale syndicale, Jocelyn Louis Ngoma, ce dossier ressemble à une maison bâtie sur du sable mouvant. Au moment de l’initiation de la convention, la CNSS évoluait sous administration provisoire, une phase transitoire imposée par la crise de gouvernance ayant conduit au départ de son responsable, sur décision du Comité pour la transition et la restauration des institutions. Un régime d’exception, rappelle-t-il, conçu pour maintenir la continuité minimale du service, non pour sceller des engagements structurants.
Selon la FETRAG, les dates avancées pour la signature du contrat, en 2023, coïncident précisément avec cette période de turbulences. Une concomitance lourde de sens, que le syndicat érige en argument central. Dans un tel contexte, affirme-t-il, toute convention engageant durablement l’avenir financier ou stratégique de la caisse relève de l’imprudence institutionnelle. « Cette convention a été initiée dans ce contexte. Donc, elle n’a aucune valeur », martèle Jocelyn Louis Ngoma, comparant l’administration provisoire à un capitaine chargé d’éviter le naufrage, non de tracer de nouvelles routes.
Au-delà du cas Clikafrik, la FETRAG élargit le prisme. L’enjeu, insiste-t-elle, touche à la crédibilité même de la gestion publique. La CNSS, dépositaire des cotisations sociales de milliers d’assurés, gère une épargne collective assimilable à un trésor commun. Toute décision prise en marge des procédures normales expose ces ressources à des risques juridiques et financiers, susceptibles de fragiliser la confiance des cotisants.
Si la modernisation numérique apparaît comme un horizon nécessaire, le syndicat avertit qu’elle ne saurait s’imposer comme un cheval de Troie contournant les règles de gouvernance. Pour la FETRAG, la transformation doit rimer avec transparence, légalité et responsabilité. Faute de quoi, la technologie, au lieu d’être un levier de progrès, pourrait devenir le révélateur d’une gestion contestée, appelant des comptes et, peut-être, des réparations.


























