Moanda, Gabon – La province du Haut-Ogooué est plongée dans l’effroi suite à deux actes d’infanticide commis par de jeunes mères en l’espace de peu de temps. Le dernier drame en date, survenu le 30 août 2025 à Moanda, met en lumière la détresse profonde que peuvent connaître certaines jeunes femmes face à la maternité. Patience Boundama, âgée de seulement 19 ans, a été appréhendée par les Forces de Défense et de sécurité après avoir étouffé son enfant d’un an avec un oreiller, avant de dissimuler le corps, selon une source émanant de nos confrères de L’union.
Les circonstances précises et les motivations derrière cet acte irréparable font actuellement l’objet d’une enquête menée par la gendarmerie et la police judiciaire. Ce drame impliquant Patience Boundama, survenant peu après un autre cas similaire dans la même province, soulève des questions fondamentales sur l’accompagnement des jeunes mères au Gabon.
La jeunesse gabonaise, particulièrement lorsqu’elle est confrontée à une maternité précoce, se retrouve souvent isolée et démunie. Le manque d’encadrement psychologique, une éducation sexuelle insuffisante et un soutien familial ou institutionnel défaillant peuvent transformer la joie de la maternité en un fardeau écrasant. La honte, le rejet social, l’absence du père de l’enfant, sont autant de pressions qui peuvent pousser ces jeunes femmes au bord du gouffre, comme en témoigne le parcours de Patience Boundama.
Il est également crucial de ne pas négliger la piste de la dépression post-partum, un trouble encore trop méconnu et sous-diagnostiqué dans notre société. Cette condition, qui peut survenir après l’accouchement, peut engendrer des pensées sombres, un rejet de l’enfant et, dans les cas les plus extrêmes, des gestes violents. Le drame organisé par Patience Boundama résonne d’autant plus cruellement dans un pays où de nombreuses femmes aspirent à la maternité.
Face à ces réalités glaçantes, il devient urgent pour le Gabon de mettre en place des politiques de prévention et d’accompagnement psychologique robustes pour les jeunes mères. Les hôpitaux, les centres de santé et même les établissements scolaires devraient devenir des plateformes de sensibilisation à la maternité, à la sexualité et à la santé mentale. La création de lignes d’écoute dédiées, de centres d’accueil et de structures d’aide aux mères en détresse est une nécessité absolue.
Ces tragédies ne doivent pas se limiter à une condamnation sur les réseaux sociaux ; elles doivent être un catalyseur pour une action concrète et solidaire envers les jeunes femmes qui portent l’avenir de notre nation.
Par Yann Yorick Manfoumbi

























