Libreville, Gabon – Le ministère de la Justice gabonaise a franchi une étape significative dans sa quête de renforcement des effectifs et de modernisation de ses institutions. Le récent concours de recrutement des magistrats et greffiers, dont les résultats définitifs ont été proclamés ce 31 août 2025 , s’est avéré être un succès retentissant pour le Garde des Sceaux, Séraphin Akouré Davain.
Organisé avec une rapidité remarquable entre le 23 et le 24 août 2025, ce concours pour le recrutement des magistrats, qui a vu la sélection de 300 nouveaux professionnels (200 magistrats et 100 greffiers) parmi près de 4 420 candidats, est salué pour sa transparence et son organisation sans faille.
Dans un contexte où la confiance dans les institutions publiques est primordiale, le ministère a fait de la transparence son cheval de bataille pour ce concours. Contrairement aux prédictions de certains observateurs qui anticipaient des irrégularités, le processus s’est déroulé dans une clarté exemplaire. La publication intégrale des notes a permis à chaque candidat de comprendre les raisons de son admissibilité, de son admission ou de son ajournement. Cette démarche, rarement observée dans les concours de cette envergure, constitue un gage de confiance essentiel pour les futurs acteurs du système judiciaire et pour les citoyens.
La réussite de ce concours témoigne d’un effort collectif remarquable. Le ministre de la Justice a tenu à saluer l’engagement sans faille des équipes mobilisées, allant du directeur général de l’École Nationale de la Magistrature (ENM) au président du jury, en passant par les correcteurs, les informaticiens et l’ensemble du personnel administratif. La visite personnelle du Garde des Sceaux à l’ENM a souligné sa volonté de s’assurer que chaque étape du processus se déroule dans la plus grande sérénité, affirmant que la confiance dans la justice commence par un recrutement exemplaire et une formation rigoureuse.
Malheureusement, cette belle réussite a été ternie par quelques comportements regrettables qui rappellent l’importance capitale de l’éthique et de la probité dans les métiers de la justice. La tentative d’une candidate de discréditer l’organisation en affirmant que sa copie avait été égarée, alors qu’elle ne l’avait jamais soumise, a conduit à sa garde à vue et à des poursuites judiciaires pour fraude et fausses accusations. De même, deux candidats non admissibles surpris en train de tenter de frauder les épreuves orales soulignent que l’intégrité est une qualité non négociable pour accéder à la magistrature et aux fonctions de greffier.
Au-delà du processus de sélection, le ministère de la Justice se projette déjà vers l’avenir avec la préparation des programmes de formation. Un conseil pédagogique et scientifique réunira prochainement les enseignants de l’ENM et des universitaires pour élaborer des cursus de haute qualité. Les nouveaux admis débuteront leur formation dès la mi-septembre, se préparant ainsi à intégrer pleinement le système judiciaire lors de la rentrée d’octobre.
En réussissant à organiser et à finaliser ce concours de recrutement des magistrats dans un délai record et avec un niveau de transparence élevé, le ministère de la Justice envoie un signal fort : l’accès aux professions judiciaires se fera désormais et exclusivement par le mérite, la rigueur et l’intégrité. C’est une étape cruciale pour redonner ses lettres de noblesse à la magistrature et renforcer la confiance des Gabonais en leur système judiciaire.
Par Yann Yorick Manfoumbi

























