L’affaire Hervé Patrick Opiangah s’apparente désormais à une épopée judiciaire où l’ancien ministre des Mines, devenu exilé malgré lui, livre une bataille à armes inégales contre l’appareil répressif de son pays. La tempête soulevée dépasse désormais les frontières gabonaises, captant l’attention des médias internationaux tels que TV5 Monde et l’AFP. Face à ce qu’il qualifie de persécution, l’homme d’affaires a saisi la Commission Africaine des Droits de l’Homme, espérant briser l’étau qui l’étrangle, protéger ses proches et assurer un retour sans péril.
Lire aussi : Justice ou vengeance : L’affaire Hervé Patrick Opiangah sous les projecteurs
En exil forcé depuis quatre mois, Hervé Patrick Opiangah, âgé de 54 ans et président de l’Union pour la Démocratie et l’Intégration Sociale (UDIS), est sous le coup d’un mandat de recherche émis par les autorités gabonaises. Ces dernières ont ouvert une enquête pour des soupçons d’inceste sur sa fille Elisabeth, accusations qu’il rejette vigoureusement. Ses partisans dénoncent un acharnement politique, conséquence directe de son opposition au référendum sur la nouvelle Constitution portée par le général Oligui Nguema, maître du Gabon depuis le renversement du régime Bongo en août 2023.
Nommé ministre des Mines en septembre 2023 avant d’être évincé en novembre, M. Opiangah dirige une entreprise employant 6 500 salariés. Depuis cette éviction, il est devenu la cible d’une implacable traque. L’épisode marquant de cette saga fut l’assaut nocturne mené par des forces encagoulées et lourdement armées, pénétrant sans mandat son domicile, un acte dénoncé par son parti comme une « cabale » et une « forfaiture judiciaire ».
Lire aussi: Gabon : Un ex-ministre en exil forcé saisit la Commission africaine des droits de l’homme
Elisabeth Opiangah, censée être la victime, nie farouchement les faits reprochés à son père et a refusé de porter plainte, malgré des pressions exercées par les autorités, allant jusqu’à la placer en garde à vue. À l’échelle nationale, aucun recours ne semble trouver d’écho : ni la Cour constitutionnelle, ni la Cour d’appel, ni le Conseil d’État, ni même les instances parlementaires ou diplomatiques n’ont infléchi le cours de cette procédure.
Dans un communiqué cinglant, le cabinet Bensimhon, qui défend l’ex-ministre, dénonce une instrumentalisation de la justice et l’usage abusif des forces de sécurité. Privé de recours au Gabon, Hervé Patrick Opiangah place son dernier espoir entre les mains de la Commission africaine. Son objectif ? Obtenir justice, garantir son retour en sécurité, préserver son entreprise et son patrimoine, aujourd’hui menacés par l’acharnement judiciaire qu’il subit.












































